L’aubépine est l’une des plantes les plus anciennes de la phytothérapie européenne, associée depuis des siècles au cœur et aux nerfs. Ses fleurs blanches et ses feuilles renferment des flavonoïdes et des procyanidines étudiés pour leur action sur le muscle cardiaque et les vaisseaux. Voici ce que montrent les études, ce qui relève de la tradition et les précautions à connaître.

En bref – L’aubépine (Crataegus monogyna et Crataegus laevigata) est un arbuste dont les feuilles et les fleurs sont utilisées en phytothérapie pour le cœur et la nervosité. L’Agence européenne des médicaments reconnaît un usage traditionnel pour soulager les palpitations passagères d’origine nerveuse, une fois toute cause sérieuse écartée par un médecin, ainsi que le stress léger et l’endormissement. Chez les patients cardiaques, les essais montrent des effets modestes sur l’effort et les symptômes, sans bénéfice démontré sur la mortalité. Aucune allégation de santé n’est autorisée en Europe pour l’aubépine dans les compléments alimentaires. Un avis médical reste indispensable en cas de trouble cardiaque ou de traitement en cours.
Qu’est-ce que l’aubépine ?
L’aubépine est un arbuste épineux de la famille des Rosacées, très commun dans les haies d’Europe. Deux espèces sont utilisées : l’aubépine monogyne et l’aubépine épineuse, que les pharmacopées considèrent comme équivalentes.
La partie utilisée est la sommité fleurie, c’est-à-dire les feuilles et les fleurs récoltées ensemble. Les baies rouges, ou cenelles, sont moins étudiées. Selon la fiche Vidal, la plante se consomme en infusion, en extrait sec (gélules, comprimés) ou en extrait liquide. Les extraits standardisés utilisés dans les essais cliniques, comme le WS 1442 ou le LI 132, sont dosés en procyanidines ou en flavonoïdes.
Comment l’aubépine agit sur le cœur
Les effets cardiaques de la plante reposent sur deux familles de composés : les flavonoïdes (hypéroside, vitexine, rutine) et les procyanidines oligomères. La revue de Holubarsch et al. (2018) résume les données de laboratoire sur l’extrait WS 1442 : légère hausse de la force de contraction du muscle cardiaque, effet sur le rythme, protection du myocarde lors d’un manque d’oxygène et meilleure production de monoxyde d’azote par la paroi des vaisseaux.
Le monoxyde d’azote détend les artères, ce qui facilite le passage du sang. Ces mécanismes viennent toutefois surtout de cellules et d’animaux. Ils indiquent une direction, pas un résultat garanti chez l’humain.
Ce que disent les études chez l’humain
Les essais cliniques portent presque tous sur des patients atteints d’insuffisance cardiaque, qui prenaient l’aubépine en plus de leurs médicaments. La revue Cochrane de Pittler et al. (2008) a regroupé 14 essais, dont 10 analysables portant sur 855 patients. Elle rapporte une meilleure tolérance à l’effort (+5,35 watts en charge maximale) et moins d’essoufflement et de fatigue, comme l’explique le résumé Cochrane en français.
Le grand essai SPICE de Holubarsch et al. (2008) a suivi 2 681 patients pendant 2 ans. L’extrait n’a pas réduit significativement les événements cardiaques (27,9 % contre 28,9 % sous placebo), ni la mortalité cardiaque. Une analyse de l’essai HERB CHF par Zick et al. (2008) a même relevé un risque plus élevé d’aggravation précoce sous extrait. Ces résultats invitent à la prudence : la plante n’a pas sa place dans la prise en charge d’une maladie cardiaque sans l’accord du cardiologue.
Pour la tension, la méta-analyse de Szikora et al. (2025) sur 6 essais et 428 participants rapporte une baisse moyenne de 6,65 mmHg de la pression systolique après 2 à 6 mois, avec des doses de 250 à 1 200 mg par jour. Les essais sont petits et hétérogènes. Selon l’OMS, l’hypertension touche environ 1,4 milliard d’adultes dans le monde et demande un suivi médical, pas une automédication.
L’aubépine et la nervosité : palpitations, stress, sommeil
Côté nervosité, la référence est la monographie de l’Agence européenne des médicaments (EMA). Sur la base d’un usage de longue date, elle retient trois usages traditionnels : soulager les palpitations passagères liées à la nervosité, une fois les causes sérieuses écartées par un médecin, apaiser les symptômes légers de stress mental et aider à l’endormissement. Usage traditionnel signifie un emploi d’au moins 30 ans sans problème de sécurité notable, pas une efficacité démontrée par des essais solides.
Les données cliniques sur l’anxiété sont rares et portent sur des associations. L’essai de Hanus et al. (2004) a comparé chez 264 adultes souffrant d’anxiété légère à modérée un mélange d’aubépine, d’eschscholtzia (pavot de Californie) et de magnésium à un placebo pendant 3 mois. Le score d’anxiété de Hamilton a baissé de 10,6 points contre 8,9 sous placebo. L’effet propre de l’aubépine ne peut pas être isolé de celui des deux autres ingrédients.
Un cœur qui s’emballe sous l’effet du stress est fréquent et souvent bénin, mais toute palpitation nouvelle mérite un avis médical. Notre article sur les raisons pour lesquelles le cœur bat vite détaille les causes à connaître. Quand l’anxiété devient envahissante, elle relève d’une prise en charge spécifique, comme le rappelle l’Inserm.
Tableau : ce qui est établi et ce qui ne l’est pas
| Domaine | Niveau de preuve | Limite |
|---|---|---|
| Palpitations d’origine nerveuse | Usage traditionnel reconnu par l’EMA (adultes) | Pas d’essai contrôlé dédié |
| Stress léger et endormissement | Usage traditionnel reconnu par l’EMA (dès 12 ans) | Données cliniques limitées à des associations de plantes |
| Tolérance à l’effort en insuffisance cardiaque | Gain modeste (revue Cochrane, 855 patients) | En complément des médicaments, jamais à leur place |
| Événements et mortalité cardiaques | Pas de différence significative (essai SPICE, 2 681 patients) | Aucun bénéfice démontré |
| Pression artérielle | Baisse systolique moyenne de 6,65 mmHg (6 essais) | Petits essais hétérogènes |
| Allégation santé en complément alimentaire | Aucune autorisée en Europe | Évaluation des plantes toujours en attente |
Le registre européen des allégations de santé classe les allégations sur les plantes comme l’aubépine parmi les dossiers en attente d’évaluation. Un fabricant de complément ne peut donc pas affirmer qu’elle soutient le cœur ou calme les nerfs.
Précautions, interactions et effets indésirables
La revue de Daniele et al. (2006) a analysé 24 essais et 5 577 patients : les effets indésirables sont rares et le plus souvent légers, surtout des vertiges, des troubles digestifs, des maux de tête et des palpitations.
Le risque principal vient des interactions théoriques avec les médicaments du cœur. Chez 8 volontaires, Tankanow et al. (2003) n’ont pas observé de modification des taux de digoxine. L’aubépine pourrait toutefois s’ajouter à l’effet des antihypertenseurs, des bêtabloquants ou des dérivés nitrés. Pour ces raisons, plusieurs règles s’appliquent :
- jamais d’aubépine en cas de maladie cardiaque ou de traitement cardiovasculaire sans l’accord du médecin ;
- pas d’usage pendant la grossesse ni l’allaitement, faute de données ;
- pas d’usage chez l’enfant de moins de 12 ans ;
- consulter si les symptômes durent plus de 2 semaines ou s’aggravent, comme le précise l’EMA ;
- consulter en urgence en cas de douleur dans la poitrine, d’essoufflement, de malaise ou de palpitations prolongées.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, les maladies cardiovasculaires restent la première cause de décès dans le monde.
Méthode : utiliser l’aubépine avec discernement
Pour un adulte en bonne santé gêné par une nervosité passagère, voici une démarche prudente :
- Faire écarter une cause cardiaque : un médecin vérifie le rythme, la tension et, si besoin, prescrit un électrocardiogramme.
- Choisir une préparation identifiée : feuilles et fleurs (pas seulement les baies), avec la quantité d’extrait indiquée sur l’étiquette.
- Respecter la dose du fabricant : les essais ont utilisé de 160 à 1 800 mg d’extrait par jour selon les préparations.
- Limiter la durée : faire le point au bout de 2 semaines et ne pas prolonger sans avis.
- Travailler aussi sur le terrain : sommeil régulier, café limité, activité physique et respiration lente.
D’autres plantes sont utilisées pour l’endormissement et l’anxiété légère. Notre comparatif valériane ou passiflore fait le point sur leurs données respectives.
Magnésium et oméga-3 : deux nutriments aux allégations reconnues
Labeffiplex ne propose pas d’aubépine. Pour la nervosité, le magnésium dispose en revanche d’allégations autorisées : il contribue au fonctionnement normal du système nerveux, à une fonction psychologique normale et à la réduction de la fatigue. La revue de Boyle et al. (2017) suggère un effet sur l’anxiété ressentie chez les personnes vulnérables, avec des études de qualité encore faible. MegaMagnésium apporte 102 mg de magnésium par dose, sous forme d’acétyl taurinate. Pour en savoir plus, voyez notre article sur les bienfaits du magnésium sur le stress et la fatigue.
Pour le cœur, l’EPA et le DHA contribuent à une fonction cardiaque normale, à partir de 250 mg par jour. Omegaplex-3 atteint ce seuil dès 2 capsules. Ces apports ne remplacent aucun traitement prescrit.
Questions fréquentes sur l’aubépine
L’aubépine fait-elle baisser la tension ?
Une méta-analyse de 2025 portant sur 6 essais et 428 participants rapporte une baisse moyenne de 6,65 mmHg de la pression systolique après 2 à 6 mois. L’aubépine ne remplace pas un antihypertenseur et peut s’ajouter à son effet : en cas d’hypertension, toute prise doit être discutée avec le médecin.
Peut-on prendre de l’aubépine contre les palpitations ?
L’Agence européenne des médicaments reconnaît un usage traditionnel de l’aubépine pour soulager les palpitations passagères liées à la nervosité, chez l’adulte. Un médecin doit d’abord écarter une cause cardiaque. Des palpitations nouvelles, fréquentes ou accompagnées de malaise, d’essoufflement ou de douleur thoracique demandent un examen médical rapide.
Combien de temps faut-il prendre de l’aubépine ?
L’EMA recommande de consulter si les symptômes persistent au-delà de 2 semaines ou s’aggravent. Pour une nervosité passagère, une utilisation courte avec un bilan au bout de 2 semaines reste la démarche la plus prudente.
L’aubépine est-elle compatible avec un traitement cardiaque ?
Aucune interaction n’a été observée avec la digoxine chez 8 volontaires, et la revue de 2006 ne rapporte pas d’interaction. L’aubépine pourrait cependant ajouter son effet à celui des bêtabloquants, des antihypertenseurs ou des dérivés nitrés. Elle ne doit donc jamais être prise avec un traitement cardiovasculaire sans l’accord du médecin ou du cardiologue.
Quels sont les effets indésirables de l’aubépine ?
Ils sont rares et le plus souvent légers. Une revue de 24 essais portant sur 5 577 patients cite surtout des vertiges, des troubles digestifs, des maux de tête et des palpitations. Faute de données, la plante est déconseillée pendant la grossesse, l’allaitement et chez l’enfant de moins de 12 ans.
⚕️ Avertissement médical : Les informations de cet article sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un avis médical. Consultez un médecin avant toute supplémentation, en particulier en cas de traitement, grossesse ou pathologie. Les compléments alimentaires ne remplacent pas un traitement médical prescrit ni une alimentation équilibrée.
Écrit par Jean-Marie Butterlin, rédacteur santé et responsable éditorial de Labeffiplex.
Fondateur du média santé et longévité UltraSanté, coauteur avec le Dr Moulay Ali Belghiti du livre La Bible de la Longévité. Il rédige et supervise les contenus santé de Labeffiplex, avec des sources scientifiques citées et une distinction claire entre ce qui est prouvé et ce qui reste hypothétique.
Information générale, sans valeur de diagnostic ni de prescription. Un complément alimentaire ne remplace ni une alimentation variée ni un traitement. Demandez conseil à votre médecin ou pharmacien.

