Les pellicules reviennent souvent avec les premiers froids : de petites squames blanches sur le col du manteau, un cuir chevelu qui gratte sous le bonnet. Le froid n’agit pas seul. L’air sec, le chauffage et le manque de soleil fragilisent la peau du crâne, qui réagit alors plus fort à une levure présente chez tout le monde.

En bref : Les pellicules sont de petites squames blanches ou jaunâtres qui se détachent du cuir chevelu quand sa couche superficielle se renouvelle trop vite, avec des démangeaisons mais sans rougeur visible. Elles concernent jusqu’à la moitié des adultes, selon une revue de 2012 (Turner et coll.). Une levure normale de la peau, Malassezia, dégrade le sébum en acides gras irritants. L’hiver aggrave le tableau : l’air froid et sec, le chauffage et le manque d’UV affaiblissent la barrière cutanée. Dans la cohorte de Rotterdam (Sanders et coll., 2018), la dermatite séborrhéique, forme inflammatoire du même trouble, était moins fréquente en été qu’en hiver. Un shampooing antipelliculaire laissé poser 5 minutes et de l’eau tiède forment la base.
Pellicules : que se passe-t-il sur le cuir chevelu ?
Les pellicules sont des amas de cellules mortes qui se détachent par paquets visibles, au lieu de s’éliminer une à une. Une revue de l’université de Miami (Borda et Wikramanayake, 2015) les décrit comme une desquamation qui démange, limitée au cuir chevelu et sans inflammation visible, premier degré d’un continuum qui va jusqu’à la dermatite séborrhéique.
Le principal acteur est une levure, Malassezia, qui vit sur toutes les peaux grasses. Les chercheurs de Procter & Gamble (DeAngelis et coll., 2005) ont montré qu’elle découpe les triglycérides du sébum et libère des acides gras irritants, comme l’acide oléique. La levure ne suffit pas : on la trouve aussi sur des cuirs chevelus sans pellicules. Selon Turner et coll., la couche cornée des personnes concernées perd plus d’eau, contient des lipides désorganisés et tolère moins bien les irritants.
Pourquoi les pellicules empirent en hiver
L’hiver cumule plusieurs agressions pour une barrière déjà fragile. Une revue de l’université de Copenhague (Engebretsen et coll., 2016) conclut que l’humidité basse et le froid diminuent la fonction barrière de la peau et la rendent plus réactive aux irritants.
- L’air sec, dehors et dedans. Le chauffage assèche encore l’air intérieur. Une équipe de Shiseido (Egawa et coll., 2002) a mesuré une baisse nette de l’eau de la couche cornée après 3 heures seulement en atmosphère sèche.
- Le manque d’UV. À Istanbul, une étude sur 5 316 patients (Akbulut et coll., 2022) a relevé 7,3 % de dermatites séborrhéiques parmi les consultations de décembre, contre 3,8 % en juin. La fréquence montait quand la température, l’humidité et l’indice UV baissaient.
- Les douches très chaudes. L’eau brûlante dissout davantage les lipides de surface, ceux qui manquent déjà au cuir chevelu.
- Le bonnet porté toute la journée. Il crée un milieu chaud et humide sous la laine, avant un retour brutal à l’air froid.
Le sébum n’explique pas ce pic hivernal : mesurée sur le visage, sa sécrétion culmine en été, d’après une étude coréenne (Youn et coll., 2005). Les pellicules d’hiver traduisent surtout une barrière affaiblie, la même sécheresse qui provoque les lèvres gercées en hiver.
Pellicules ou cuir chevelu sec : comment faire la différence ?
Un cuir chevelu sec, une dermatite séborrhéique ou un psoriasis donnent des squames voisines, mais ne se prennent pas en charge de la même façon. Ce tableau aide à s’orienter, sans remplacer un examen.
| Situation | Aspect des squames | Signes associés | Premier réflexe |
|---|---|---|---|
| Cuir chevelu sec. | Très fines, blanches, peu nombreuses. | Tiraillements, peau sèche aussi sur les mains. | Shampooing doux, eau tiède. |
| Pellicules sèches. | Petites, blanches ou grises, tombent sur les épaules. | Démangeaisons, pas de rougeur. | Shampooing antipelliculaire deux fois par semaine. |
| Pellicules grasses. | Jaunâtres, collantes, accrochées aux cheveux. | Cheveux qui regraissent vite. | Shampooing antipelliculaire avec pause de 5 minutes. |
| Dermatite séborrhéique. | Grasses, sur une peau rouge. | Sourcils, ailes du nez, barbe, derrière les oreilles. | Avis du pharmacien ou du médecin. |
| Psoriasis du cuir chevelu. | Plaques épaisses, argentées, bien délimitées. | Débord sur le front ou la nuque, coudes, genoux, ongles. | Consultation chez le médecin. |
Le psoriasis touche environ 2 % de la population française et siège souvent sur le cuir chevelu, selon l’Inserm. Si votre cuir chevelu réagit aussi aux produits et aux frottements, voyez notre guide sur le cuir chevelu sensible.
Quel shampooing contre les pellicules choisir ?
Les actifs de référence ciblent Malassezia. Le plus étudié est le kétoconazole à 2 %, un antifongique vendu en pharmacie comme médicament. La revue Cochrane de 2015 (Okokon et coll.), qui réunit 51 essais et 9 052 participants atteints de dermatite séborrhéique, lui attribue 31 % de risque d’échec en moins qu’un placebo à 4 semaines, avec des preuves de qualité faible.
En cosmétique, on trouve la piroctone olamine, le climbazole ou le sulfure de sélénium. La pyrithione de zinc est interdite dans les cosmétiques européens depuis le 1er mars 2022, car le règlement (UE) 2021/1902 l’a classée toxique pour la reproduction. Le temps de pose compte autant que l’actif : à Liège, Piérard-Franchimont et coll. (2003) ont comparé chez 42 volontaires un rinçage immédiat et une pause de 5 minutes : la pause donnait le meilleur résultat.
La routine d’hiver contre les pellicules en 6 gestes
Les pellicules reviennent volontiers à l’arrêt du shampooing traitant : la régularité compte plus que l’intensité.
- Lavez à l’eau tiède, jamais brûlante, et rincez longuement.
- Shampooing antipelliculaire deux fois par semaine pendant 4 semaines, avec 5 minutes de pose.
- Les autres jours, un shampooing doux, moins décapant pour une barrière fragilisée.
- Séchez sans chaleur excessive, séchoir tenu à distance ou séchage à l’air libre.
- Limitez l’air trop sec : chauffage modéré dans la chambre et aération quotidienne.
- Lavez bonnets et écharpes régulièrement et évitez de gratter, qui entretient l’irritation.
Une fois les pellicules calmées, un lavage antipelliculaire par semaine suffit souvent. Si vos cheveux regraissent vite, notre article sur les cheveux gras aide à trouver le bon rythme, et celui sur les cheveux secs à protéger les longueurs.
Pour les jours sans shampooing traitant, le shampooing doux de notre boutique (flacon de 200 ml) est conçu pour un nettoyage sans agression du cuir chevelu, 2 à 3 fois par semaine. Sa liste d’ingrédients figure sur l’étiquette du flacon.
Pellicules et alimentation : quel rôle pour les nutriments ?
Aucun complément alimentaire n’a montré d’effet direct sur les pellicules, qui relèvent d’abord des soins locaux. Le cuir chevelu reste une peau : le zinc, la riboflavine (vitamine B2), la niacine (vitamine B3) et la biotine contribuent au maintien d’une peau normale, selon le règlement européen 432/2012.
Ces nutriments viennent d’abord de l’assiette : viande, poisson, œufs, produits laitiers, légumineuses. Pour compléter une alimentation peu variée, Dermalift apporte par gélule 10 mg de zinc (100 % des apports de référence), 0,8 mg de vitamine B2 et 8 mg de vitamine B3, qui contribuent au maintien d’une peau normale. Il contient du collagène marin, à éviter en cas d’allergie au poisson.
Quand consulter pour des pellicules ?
Des pellicules banales ne nécessitent pas de consultation. Un avis médical s’impose en revanche dans ces situations :
- rougeurs marquées, suintement, croûtes ou douleur du cuir chevelu ;
- plaques épaisses et bien délimitées, qui débordent sur le front ou la nuque ;
- squames grasses sur les sourcils, les ailes du nez ou la barbe ;
- chute de cheveux inhabituelle ;
- aucune amélioration après 4 semaines de shampooing antipelliculaire bien conduit ;
- apparition brutale et étendue, chez un nourrisson ou en cas d’immunité affaiblie.
Le médecin peut alors confirmer une dermatite séborrhéique ou un psoriasis et proposer une prise en charge adaptée.
Les pellicules sont-elles contagieuses ?
Non. Les pellicules ne se transmettent pas d’une personne à l’autre. La levure Malassezia, impliquée dans leur apparition, vit déjà sur la peau de presque tous les adultes. Ce qui fait la différence, c’est la sensibilité du cuir chevelu, sa barrière et la quantité de sébum, pas un contact avec une personne qui en a.
Pourquoi ai-je plus de pellicules en hiver ?
L’air froid et sec, le chauffage intérieur et le manque d’UV fragilisent la barrière du cuir chevelu, qui perd plus d’eau et réagit davantage aux acides gras libérés par la levure Malassezia. Dans une étude stambouliote sur 5 316 patients, la dermatite séborrhéique représentait 7,3 % des consultations en décembre contre 3,8 % en juin. Douches chaudes et bonnet porté longtemps s’ajoutent à ces facteurs.
Faut-il se laver les cheveux moins souvent quand on a des pellicules ?
Pas forcément. Espacer les lavages laisse le sébum s’accumuler, ce qui nourrit la levure Malassezia. Mieux vaut garder un rythme régulier en alternant : shampooing antipelliculaire deux fois par semaine, laissé poser 5 minutes, et shampooing doux les autres jours. L’eau tiède plutôt que chaude limite le dessèchement, surtout en hiver.
Un complément alimentaire peut-il faire disparaître les pellicules ?
Non. Aucun complément n’a démontré d’effet direct sur les pellicules, qui se prennent en charge d’abord avec un shampooing adapté. Le zinc et les vitamines B2 et B3 contribuent au maintien d’une peau normale, cuir chevelu compris, et peuvent compléter une alimentation peu variée. Ils ne remplacent ni les soins locaux ni un avis médical si les squames persistent.
⚕️ Avertissement médical : Les informations de cet article sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un avis médical. Consultez un médecin avant toute supplémentation, en particulier en cas de traitement, grossesse ou pathologie. Les compléments alimentaires ne remplacent pas un traitement médical prescrit ni une alimentation équilibrée.
Écrit par Jean-Marie Butterlin, rédacteur santé et responsable éditorial de Labeffiplex.
Fondateur du média santé et longévité UltraSanté, coauteur avec le Dr Moulay Ali Belghiti du livre La Bible de la Longévité. Il rédige et supervise les contenus santé de Labeffiplex, avec des sources scientifiques citées et une distinction claire entre ce qui est prouvé et ce qui reste hypothétique.
Information générale, sans valeur de diagnostic ni de prescription. Un complément alimentaire ne remplace ni une alimentation variée ni un traitement. Demandez conseil à votre médecin ou pharmacien.

