Ortie : comment cette plante agit sur les articulations et la peau

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L’ortie (Urtica dioica) est l’une des plantes les plus anciennes de la pharmacopée européenne, et l’une des rares dont l’usage pour les articulations est reconnu par l’Agence européenne des médicaments. Elle intéresse aussi la peau grasse, les cheveux et les ongles, où ses minéraux et ses flavonoïdes lui valent une réputation tenace. Que valent vraiment ces usages ? Cet article fait le tri entre tradition établie, études cliniques et promesses sans preuve, avant de voir comment l’intégrer avec prudence dans une routine de confort articulaire et cutané.

Feuilles d'ortie fraîches sur une table en bois, plante utilisée pour les articulations et la peau

En bref – L’ortie est une plante dont la feuille est reconnue par l’Agence européenne des médicaments (EMA) comme médicament traditionnel à base de plantes pour soulager les douleurs articulaires mineures, sur une durée maximale de 4 semaines. Trois petits essais cliniques (27, 40 et 81 patients) vont dans ce sens, mais ils restent insuffisants pour parler de preuve. Sur la peau, l’usage traditionnel vise la séborrhée et l’aspect des cheveux et des ongles, sans étude clinique solide. La feuille apporte calcium, fer, silicium et flavonoïdes. En complément alimentaire, elle entre dans des formules de soutien articulaire et cutané, comme Silisens ou Silicium, sans jamais remplacer le suivi médical d’une arthrose ou d’une maladie de peau.

Ortie : quelle plante, quelles parties et quels actifs

La grande ortie (Urtica dioica) et la petite ortie (Urtica urens) sont utilisées de la même façon en phytothérapie, et le séchage fait disparaître leur pouvoir urticant. On distingue trois parties aux usages différents : la feuille, la racine et la plante fraîche appliquée sur la peau (la fameuse piqûre). La feuille concentre des sels minéraux (calcium, fer, potassium, silicium), des acides caféique et chlorogénique, du sitostérol et des flavonoïdes comme la quercétine. La racine contient des lectines, des lignanes et des tanins, étudiés surtout pour le confort urinaire masculin.

Sur le plan nutritionnel, une analyse publiée dans l’International Journal of Food Science (Rutto et al., 2013) montre qu’une portion de 100 g de feuilles cuites couvre 90 à 100 % des besoins en vitamine A sous forme de bêta-carotène, et apporte aussi du calcium, de fer et de protéines. C’est ce profil minéral, proche de celui de la prêle, qui explique sa place dans les formules destinées aux tissus de soutien : cartilage, peau, cheveux et ongles.

Ortie et articulations : ce que disent l’EMA et les études

La feuille d’ortie bénéficie d’un statut officiel. La monographie européenne de l’EMA sur Urticae folium retient deux usages traditionnels : le soulagement des douleurs articulaires mineures et l’augmentation du volume des urines dans les troubles urinaires bénins. Ce statut repose sur un usage de longue date, pas sur une démonstration clinique. L’EMA fixe une durée maximale de 4 semaines pour les articulations et demande de consulter un médecin si la douleur s’accompagne de gonflement, de rougeur ou de fièvre.

Les essais cliniques existent, mais ils sont petits. Dans un essai croisé en double aveugle (Randall et al., 2000), 27 patients souffrant d’arthrose de la base du pouce ont appliqué chaque jour pendant une semaine des feuilles fraîches sur la zone douloureuse : la douleur et la gêne ont davantage diminué qu’avec la plante placebo (lamier blanc). Dans une étude ouverte sur 40 personnes en poussée d’arthrite (Chrubasik et al., 1997), 50 mg de diclofénac associés à de l’ortie cuite ont donné une amélioration comparable à 200 mg de diclofénac seul. Enfin, un essai contre placebo sur 81 patients arthrosiques du genou ou de la hanche (Jacquet et al., 2009) a testé une association huile de poisson, vitamine E et ortie : après trois mois, la consommation d’antalgiques et d’anti-inflammatoires avait nettement baissé dans le groupe actif.

Le mécanisme supposé est anti-inflammatoire : un extrait de feuille inhibe en laboratoire le facteur de transcription NF-kB, qui pilote la production de cytokines inflammatoires (Riehemann et al., 1999). Il faut rester honnête sur le niveau de preuve : ces travaux sont anciens, de petite taille, et Vidal rappelle qu’aucune étude ne démontre formellement un effet sur les douleurs articulaires. L’ortie pourrait donc contribuer au confort articulaire chez certaines personnes, mais elle n’est pas un traitement de l’arthrose, maladie qui touchait plus de 500 millions de personnes en 2019 selon l’OMS et qui relève d’un suivi médical. Pour comparer avec d’autres plantes mieux documentées, lisez nos dossiers sur le boswellia et sur l’harpagophytum.

Ortie et peau : séborrhée, cheveux et ongles

Sur la peau, la tradition attribue à la feuille et à la racine un effet freinant sur la production de sébum, d’où leur présence dans les lotions pour peau grasse, cuir chevelu gras et pellicules. Vidal mentionne que l’EMA considère l’usage contre la séborrhée comme traditionnellement établi, au même titre que les douleurs articulaires. En revanche, aucune étude clinique ne confirme un effet sur l’aspect des cheveux ou des ongles, malgré la richesse de la plante en minéraux. Dire qu’elle « fortifie » les cheveux relève donc de la tradition, pas de la science.

Ce qui est solide, c’est la logique nutritionnelle : la peau, le cartilage et les phanères sont des tissus conjonctifs riches en collagène, dont la synthèse dépend de nutriments bien identifiés. La vitamine C contribue à la formation normale de collagène pour assurer la fonction normale de la peau et du cartilage, et le zinc contribue au maintien d’une peau, de cheveux et d’ongles normaux (allégations autorisées au registre européen). La plante n’a pas d’allégation santé autorisée à ce jour : elle s’intègre dans ces formules comme source végétale de minéraux, aux côtés de la prêle ou du silicium, dont nous détaillons le rôle dans notre guide du silicium. En cas d’acné ou de dermatite séborrhéique installée, le dermatologue reste l’interlocuteur de référence.

Feuille, racine ou plante fraîche : le tableau des usages

Chaque partie de la plante répond à un usage précis, avec un niveau de preuve différent. Ce tableau résume ce que l’on sait.

Partie utiliséeUsage principalNiveau de preuveFormes courantes
Feuille séchéeConfort articulaire, drainage urinaireUsage traditionnel reconnu par l’EMA, petits essais cliniquesTisane, gélules, extrait sec, soupe
RacineConfort urinaire masculinEssais nombreux mais de qualité insuffisante selon Vidal et l’EMAExtrait sec, teinture
Feuille fraîche (piqûre)Douleur articulaire localiséeUn essai croisé sur 27 patients (Randall, 2000)Application locale, usage populaire
Feuille ou racinePeau grasse, séborrhée, cheveux, onglesTradition uniquement, aucune étude cliniqueLotion capillaire, gélules associées au zinc ou au silicium

Comment utiliser l’ortie : méthode et précautions

La règle est simple : une cure courte, une forme adaptée à l’objectif, et un avis médical dès qu’un traitement ou une pathologie est en jeu. Voici la méthode en cinq points.

  1. Choisir la partie : feuille pour les articulations et le drainage, racine pour le confort urinaire masculin (après avis médical, car les troubles de la prostate demandent un diagnostic).
  2. Choisir la forme : en tisane, 2 à 4 g de feuille séchée infusée dans 150 ml d’eau, deux fois par jour selon la monographie européenne ; en gélules ou en solution buvable, suivre la dose du fabricant. La soupe de jeunes pousses reste la façon la plus agréable d’en consommer au printemps.
  3. Limiter la durée : 4 semaines au maximum pour les articulations, puis une pause. Si la gêne persiste, consulter.
  4. Respecter les contre-indications : déconseillée pendant la grossesse et l’allaitement, et avant 12 ans. Les personnes sous diurétiques, sous anticoagulants (la feuille est riche en vitamine K) ou atteintes d’insuffisance cardiaque ou rénale demandent conseil à leur médecin ou à leur pharmacien.
  5. Savoir s’arrêter : une articulation gonflée, rouge ou chaude, ou une douleur avec fièvre, n’est pas une affaire de plante. Même chose pour des urines troubles ou sanglantes. Direction le cabinet médical.

Les effets indésirables rapportés sont rares et bénins (troubles digestifs légers, réactions cutanées locales). La plante a aussi été étudiée pour la rhinite allergique, avec un petit essai en double aveugle (Mittman, 1990), certaines personnes la prennent au printemps, mais là encore le niveau de preuve reste faible.

L’ortie dans les formules Labeffiplex : Silisens et Silicium

Chez Labeffiplex, la plante n’est jamais proposée seule : elle complète des formules construites autour du silicium végétal, le minéral des tissus de soutien. Silisens (gamme HOD) associe en gélules végétales le bambou tabashir, le baobab, la prêle des champs, le boswellia et 70 mg d’ortie dioïque par dose journalière, pour une cure de 4 semaines renouvelable après une pause. C’est la formule que nous orientons vers le confort articulaire, en association possible avec Flexiplex ou Chondro-S, et dont le principe rejoint celui du MSM pour les articulations et la peau.

Silicium (gamme PHS) est une solution buvable d’un litre qui combine de l’acide silicique stabilisé sur collagène marin, de l’ortie, de la prêle et du sulfate de zinc, à raison de 10 à 15 ml par jour dilués dans un verre d’eau. Le zinc qu’il apporte contribue au maintien d’une peau, de cheveux et d’ongles normaux, ce qui en fait la formule la plus cohérente pour un objectif cutané. Attention : sa base de collagène marin le déconseille aux personnes allergiques au poisson, et la prêle appelle un avis médical en cas d’insuffisance cardiaque ou rénale. Dans les deux cas, ces compléments soutiennent un terrain ; ils ne remplacent ni un traitement de l’arthrose ni une prise en charge dermatologique.

Questions fréquentes

L’ortie est-elle efficace contre l’arthrose ?

Non au sens médical du terme. L’arthrose est une maladie du cartilage qui demande un suivi médical. La feuille d’ortie est reconnue par l’EMA comme usage traditionnel pour les douleurs articulaires mineures, et trois petits essais suggèrent un effet sur le confort et sur la consommation d’antalgiques. Elle peut accompagner, jamais remplacer, la prise en charge prescrite.

Combien de temps peut-on prendre de l’ortie ?

La monographie européenne limite l’usage de la feuille à 4 semaines pour les articulations et à 2 à 4 semaines pour le drainage urinaire. Au-delà, faites une pause et, si la gêne persiste, consultez un médecin. Les formules en gélules comme Silisens suivent la même logique de cure de 4 semaines renouvelable après interruption.

L’ortie fait-elle pousser les cheveux ?

Aucune étude clinique ne le montre. La tradition l’utilise contre le cuir chevelu gras et les pellicules, et sa richesse en minéraux explique sa présence dans les formules capillaires. Ce qui est démontré concerne d’autres nutriments : le zinc, la biotine et le sélénium contribuent au maintien de cheveux normaux selon les allégations autorisées en Europe.

Quelles sont les contre-indications de l’ortie ?

La feuille d’ortie est déconseillée pendant la grossesse, l’allaitement et avant 12 ans, faute de données. Les personnes sous anticoagulants, sous diurétiques, ou atteintes d’insuffisance cardiaque ou rénale, doivent demander l’avis de leur médecin. Une douleur articulaire avec gonflement, rougeur ou fièvre impose une consultation plutôt qu’une plante.

Ortie en tisane ou en gélules : que choisir ?

La tisane (2 à 4 g de feuille séchée dans 150 ml d’eau, deux fois par jour) correspond à l’usage traditionnel décrit par l’EMA et convient au drainage. Les gélules ou solutions buvables permettent de l’associer à la prêle, au silicium ou au zinc dans un objectif articulaire ou cutané, avec une dose stable et sans goût. Le choix dépend de l’objectif et de la praticité.

⚕️ Avertissement médical : Les informations de cet article sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un avis médical. Consultez un médecin avant toute supplémentation, en particulier en cas de traitement, grossesse ou pathologie. Les compléments alimentaires ne remplacent pas un traitement médical prescrit ni une alimentation équilibrée.

Écrit par Jean-Marie Butterlin, rédacteur santé et responsable éditorial de Labeffiplex.

Fondateur du média santé et longévité UltraSanté, coauteur avec le Dr Moulay Ali Belghiti du livre La Bible de la Longévité. Il rédige et supervise les contenus santé de Labeffiplex, avec des sources scientifiques citées et une distinction claire entre ce qui est prouvé et ce qui reste hypothétique.

Information générale, sans valeur de diagnostic ni de prescription. Un complément alimentaire ne remplace ni une alimentation variée ni un traitement. Demandez conseil à votre médecin ou pharmacien.

Jean-Marie Butterlin

Rédacteur santé et responsable éditorial de Labeffiplex. Fondateur d'UltraSanté, coauteur de La Bible de la Longévité avec le Dr Moulay Ali Belghiti.

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