Le maca (Lepidium meyenii) est une racine cultivée à plus de 4 000 mètres d’altitude dans les Andes péruviennes, consommée comme aliment depuis des siècles et étudiée depuis les années 2000 pour ses effets possibles sur la vitalité et le désir sexuel. Les essais cliniques existent, mais ils sont peu nombreux et de petite taille. Voici ce que la recherche montre réellement, les doses qui ont été testées, les précautions à connaître et la place raisonnable de cette racine dans une routine bien-être.

En bref – Le maca est un tubercule andin de la famille des Brassicacées, riche en glucides, en fibres et en protéines, sans caféine ni hormone végétale. Chez l’homme en bonne santé, une étude de 2002 a observé une hausse du désir sexuel après 8 semaines à 1,5 ou 3 g par jour, sans variation de la testostérone. Chez des cyclistes, 14 jours de supplémentation ont amélioré le temps sur un contre-la-montre de 40 km par rapport au départ. Les revues systématiques jugent ces résultats encourageants mais limités par la petite taille des essais. Aucune allégation de santé n’est autorisée en Europe pour cette racine : on en parle comme d’un aliment traditionnel, pas comme d’un traitement.
Qu’est-ce que le maca du Pérou ?
Le maca est la racine tubéreuse de Lepidium meyenii, une plante proche du cresson et du radis, cultivée sur les hauts plateaux de Junín, au Pérou, entre 3 800 et 4 500 mètres. Les populations locales la consomment bouillie, séchée ou en farine depuis l’époque précolombienne. Il en existe plusieurs écotypes, classés par la couleur de l’hypocotyle : jaune (le plus courant), rouge et noir. Les analyses montrent que ces couleurs n’ont pas exactement la même composition.
Sur le plan nutritionnel, la racine séchée apporte environ 60 % de glucides, 10 à 14 % de protéines, 8 % de fibres et peu de lipides, avec du fer, du calcium et du potassium. Ses composés les plus étudiés sont les macamides et les macaènes, des amides d’acides gras que l’on ne retrouve dans aucune autre plante, ainsi que des glucosinolates, caractéristiques des Brassicacées. Point important pour la suite : l’étude publiée par Gonzales et son équipe en 2003 dans le Journal of Endocrinology n’a retrouvé aucune modification des hormones de la reproduction chez les hommes supplémentés, ce qui écarte la présence d’une hormone végétale active.
Maca et énergie : ce que montrent les études
La donnée la plus citée vient d’une étude pilote publiée en 2009 dans le Journal of Ethnopharmacology. Huit cyclistes entraînés ont pris 2 g d’extrait de maca par jour pendant 14 jours. Leur temps sur un contre-la-montre de 40 km s’est amélioré par rapport à la mesure initiale, mais la différence face au placebo n’était pas significative. Le désir sexuel auto-évalué, lui, a augmenté nettement dans le groupe maca. Huit participants, c’est très peu : ce résultat demande confirmation sur un effectif plus large.
Les travaux chez l’animal décrivent une meilleure endurance à la nage et une résistance accrue à la fatigue, mais ces modèles se transposent mal à l’humain. Ce que l’on sait avec certitude : la racine ne contient aucun excitant. L’impression de tonus rapportée par les consommateurs ne passe donc pas par un mécanisme de type caféine, ce qui explique l’absence de nervosité ou de palpitations dans les essais publiés.
Maca et libido : des résultats encourageants mais modestes
L’essai de référence reste celui de Gonzales, publié en 2002 dans Andrologia. Cinquante-sept hommes de 21 à 56 ans ont reçu 1,5 g ou 3 g de maca par jour, ou un placebo, pendant 12 semaines. Dès la 8e semaine, le désir sexuel auto-évalué était plus élevé dans les deux groupes supplémentés, sans différence entre les deux doses. Les taux de testostérone et d’estradiol n’ont pas bougé, et l’effet persistait après ajustement sur l’humeur et l’anxiété.
Chez la femme, une étude publiée en 2008 dans la revue Menopause a suivi 14 femmes ménopausées prenant 3,5 g par jour pendant 6 semaines. Les scores d’anxiété et de dépression, ainsi que l’indice de dysfonction sexuelle, se sont améliorés par rapport au placebo, là encore sans modification hormonale. En 2010, la revue systématique de Shin et ses collègues a recensé quatre essais randomisés et conclu à des preuves « limitées » : résultats positifs, mais trop peu de participants et des méthodologies inégales. Une revue de 2011 dans Maturitas arrive au même constat pour les symptômes de la ménopause.
Pour comprendre les autres causes d’une baisse de désir, nos articles sur la libido masculine en berne et la libido féminine détaillent les facteurs hormonaux, médicamenteux et psychologiques à écarter en priorité.
| Étude | Population | Dose et durée | Résultat observé |
|---|---|---|---|
| Gonzales 2002, Andrologia | 57 hommes en bonne santé | 1,5 ou 3 g par jour, 12 semaines | Désir sexuel en hausse dès la 8e semaine, hormones inchangées |
| Brooks 2008, Menopause | 14 femmes ménopausées | 3,5 g par jour, 6 semaines | Baisse des scores d’anxiété et de dysfonction sexuelle face au placebo |
| Stone 2009, J Ethnopharmacol | 8 cyclistes entraînés | 2 g par jour, 14 jours | Contre-la-montre amélioré par rapport au départ, désir sexuel en hausse |
| Shin 2010, revue systématique | 4 essais randomisés | Variable | Preuves jugées limitées, essais de meilleure qualité nécessaires |
Comment le maca agit : les hypothèses actuelles
Le mécanisme n’est pas élucidé. Puisque les hormones sexuelles ne varient pas, les chercheurs écartent une action de type testostérone. L’hypothèse dominante vise les macamides : des travaux de laboratoire montrent qu’ils inhibent la FAAH, l’enzyme qui dégrade l’anandamide, un messager du système endocannabinoïde impliqué dans l’humeur et la motivation. Cette piste reste expérimentale. D’autres équipes évoquent une action sur le stress oxydatif ou sur l’axe hypothalamo-hypophysaire. Aucune de ces explications n’a été confirmée chez l’humain, et il serait abusif d’en déduire un effet garanti.
Le maca est souvent rangé parmi les adaptogènes, aux côtés de la rhodiola ou du ginseng. Le terme n’a pas de définition réglementaire. Notre guide des plantes adaptogènes explique ce que recouvre cette famille et ce que la science en retient.
Dose, forme et durée : comment prendre le maca
Les essais cliniques ont utilisé entre 1,5 et 3,5 g de racine séchée par jour, sur 6 à 12 semaines. Les effets rapportés apparaissent rarement avant la 6e semaine : une cure de maca d’une semaine n’a donc pas de sens. La poudre crue se mélange dans un yaourt ou un smoothie, mais son goût terreux et sa teneur en amidon la rendent parfois lourde à digérer. La version gélatinisée, chauffée pour retirer l’amidon, est plus concentrée et mieux tolérée. Les gélules évitent la question du goût et permettent un dosage régulier.
Méthode simple pour une première cure :
- Choisir une source identifiée (espèce Lepidium meyenii, origine Pérou, couleur précisée).
- Commencer à 1,5 g par jour, le matin au cours du repas, pendant une semaine, pour tester la tolérance digestive.
- Monter à 2 ou 3 g par jour si tout va bien, et tenir 8 à 12 semaines.
- Noter son niveau d’énergie et son humeur chaque semaine, pour juger objectivement.
- Faire une pause de 2 à 4 semaines entre deux cures.
Macaplex 50, de la gamme Effiplex, apporte 380 mg de tubercule de Lepidium meyenii par gélule, soit 760 mg à 1,5 g pour 2 à 4 gélules, à prendre au cours des repas. Il s’adresse aux adultes qui souhaitent découvrir cette racine traditionnelle sous une forme pratique, dans le cadre d’une alimentation variée.
Précautions, effets indésirables et réglementation
La tolérance est bonne dans les essais publiés : aucun effet indésirable grave n’a été rapporté aux doses étudiées, et les cas décrits se limitent à des troubles digestifs légers ou à une sensation d’excitation chez quelques personnes. Trois situations appellent la prudence. Le maca appartient aux Brassicacées, dont les glucosinolates peuvent gêner la captation de l’iode : en cas de trouble thyroïdien, un avis médical s’impose avant une prise régulière. La grossesse et l’allaitement restent des contre-indications par défaut, faute de données. Enfin, les personnes sous traitement hormonal ou sous antidépresseur doivent en parler à leur médecin.
Côté réglementation, le registre européen des allégations de santé ne contient aucune allégation autorisée pour le maca. Un fabricant ne peut donc pas écrire que sa gélule augmente la libido ou l’énergie. Les compléments alimentaires relèvent du cadre fixé par la directive 2002/46/CE, dont l’EFSA rappelle les principes : ils complètent l’alimentation, ils ne la remplacent pas.
Fatigue ou baisse de libido : quand consulter avant de se supplémenter
Une fatigue qui dure plus de trois semaines ou une baisse de désir installée méritent un bilan médical avant toute cure. Les causes fréquentes sont une carence en fer, une hypothyroïdie, un syndrome d’apnée du sommeil, un épisode dépressif, un diabète ou l’effet d’un médicament (antidépresseurs, bêtabloquants, contraception hormonale). Aucun complément ne corrige ces situations : notre dossier sur la fatigue chronique détaille les examens utiles et les signes qui doivent alerter.
Quand le bilan est normal et que la fatigue tient au rythme de vie, les vitamines du groupe B disposent, elles, d’allégations autorisées par l’EFSA : les vitamines B2, B3, B5, B6, B9 et B12 contribuent à réduire la fatigue et participent à un métabolisme énergétique normal. Energyplex + réunit les huit vitamines B en une gélule, en complément d’une alimentation équilibrée. Associer un apport correct en vitamines B, un sommeil régulier et une activité physique reste la base avant d’ajouter une plante.
Questions fréquentes sur le maca
⚕️ Avertissement médical : Les informations de cet article sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un avis médical. Consultez un médecin avant toute supplémentation, en particulier en cas de traitement, grossesse ou pathologie. Les compléments alimentaires ne remplacent pas un traitement médical prescrit ni une alimentation équilibrée.
Écrit par Jean-Marie Butterlin, rédacteur santé et responsable éditorial de Labeffiplex.
Fondateur du média santé et longévité UltraSanté, coauteur avec le Dr Moulay Ali Belghiti du livre La Bible de la Longévité. Il rédige et supervise les contenus santé de Labeffiplex, avec des sources scientifiques citées et une distinction claire entre ce qui est prouvé et ce qui reste hypothétique.
Information générale, sans valeur de diagnostic ni de prescription. Un complément alimentaire ne remplace ni une alimentation variée ni un traitement. Demandez conseil à votre médecin ou pharmacien.

