Fatigue de printemps : comment la saison agit sur l’énergie

fatigue de printemps : tasse de tisane, fraises et fleurs de cerisier au soleil du matin

La fatigue de printemps surprend chaque année : les jours rallongent, la lumière revient, et pourtant le corps traîne. Ce coup de mou n’est pas une maladie mais une période d’ajustement de l’organisme. Changement d’heure, réserves de vitamine D au plus bas, pollens : voici ce que disent les études et comment retrouver du tonus.

fatigue de printemps : tasse de tisane, fraises et fleurs de cerisier au soleil du matin

En bref – La fatigue de printemps désigne la baisse d’énergie passagère que beaucoup ressentent entre mars et mai, au moment où l’organisme s’adapte à des journées plus longues. Elle n’a pas de définition médicale, mais plusieurs mécanismes documentés l’expliquent. Le passage à l’heure d’été décale l’horloge biologique, et Kantermann et coll. (2007) ont montré qu’elle ne s’y adapte pas complètement. Le taux de vitamine D est souvent au plus bas en fin d’hiver. Les pollens perturbent le sommeil des personnes allergiques, soit environ 30 % des adultes en France selon l’Inserm. Lumière du matin, horaires réguliers et alimentation riche en magnésium et en vitamines B aident à passer le cap. Une fatigue qui dure plus de quelques semaines justifie un avis médical.

Qu’est-ce que la fatigue de printemps ?

C’est une sensation de lassitude, de somnolence ou de baisse de motivation qui apparaît au début du printemps et s’estompe en quelques semaines. Le terme vient de l’allemand Frühjahrsmüdigkeit mais ne figure dans aucune classification médicale.

La fatigue de printemps repose pourtant sur une réalité biologique. Selon Foster et Roenneberg (2008), l’organisme humain garde des rythmes saisonniers : sécrétion de mélatonine, humeur et sommeil varient avec la durée du jour. Chez Seidler et coll. (2023), l’enregistrement du sommeil de 188 patients sur une année montrait un sommeil paradoxal plus long d’environ 30 minutes en hiver qu’au printemps.

Changement d’heure : le premier moteur de la fatigue de printemps

Le passage à l’heure d’été, fin mars, retire une heure de nuit. Le dossier chronobiologie de l’Inserm rappelle que la lumière est le principal signal qui recale l’horloge biologique chaque jour.

Kantermann et coll. (2007) ont analysé les horaires de sommeil de 55 000 personnes. Sous l’heure normale, le sommeil des jours libres suit la progression de l’aube au fil des saisons ; après le passage à l’heure d’été, ce n’est plus le cas. Chez 50 volontaires, l’activité ne s’était pas réalignée 8 semaines plus tard, surtout chez les « couche-tard ».

Selon une revue de Harrison (2013), l’heure perdue n’est que la partie visible : sommeil plus fragmenté et endormissement plus long créent une dette qui s’accumule au moins sur la semaine suivante. Cette dette explique une bonne partie de la fatigue de printemps ressentie en mars et en avril.

Des réserves de vitamine D au plus bas en fin d’hiver

La peau fabrique la vitamine D sous l’effet des UVB, très faibles en France d’octobre à mars. Les réserves s’épuisent donc tout l’hiver et atteignent leur niveau le plus bas au début du printemps.

Dans l’étude SU.VI.MAX de Chapuy et coll. (1997), 1 569 adultes de 20 villes françaises ont été prélevés entre novembre et avril : 14 % avaient un taux très bas, inférieur à 30 nmol/L, avec des valeurs plus faibles dans le Nord. Au Royaume-Uni, Hyppönen et Power (2007) ont mesuré 7 437 adultes de 45 ans : en hiver et au printemps, 46,6 % étaient sous 40 nmol/L, contre 15,4 % en été et en automne.

Un lien direct entre ce creux et la fatigue de printemps n’est pas démontré, mais le calendrier coïncide. La vitamine D contribue toutefois à une fonction musculaire normale et au fonctionnement normal du système immunitaire. l’Anses indique que 15 à 20 minutes de soleil en fin de matinée ou l’après-midi couvrent les besoins du jour quand l’ensoleillement le permet. Pour repérer un manque, voyez la carence en vitamine D.

Pollens : une fatigue de printemps propre aux allergiques

Les pollens de bouleau, de frêne puis de graminées arrivent dès mars. Selon l’Inserm, l’allergie aux pollens concerne environ 30 % des adultes en France, et la saison s’allonge avec le réchauffement climatique.

Une rhinite allergique abîme les nuits. Léger et coll. (2006) ont suivi 591 patients français : toutes les dimensions du sommeil étaient altérées, d’autant plus que la rhinite était sévère. Marshall et coll. (2002) ont observé que pendant la saison pollinique, les personnes allergiques sans médicament rapportaient davantage de fatigue mentale et de baisse de motivation que les témoins.

Nez bouché au réveil, yeux qui piquent et fatigue qui coïncide avec les pics du bulletin du Réseau national de surveillance aérobiologique orientent vers une fatigue de printemps d’origine allergique. Notre guide des allergies saisonnières détaille les gestes utiles ; le diagnostic relève du médecin ou de l’allergologue.

Fatigue de printemps : les causes à distinguer

Plusieurs facteurs peuvent se cumuler derrière une fatigue de printemps. Ce tableau aide à repérer le plus probable :

FacteurPériode typiqueSignes évocateursPiste d’action
Changement d’heureFin mars, 1 à 2 semainesRéveil difficile, endormissement tardifLumière du matin, horaires fixes
Vitamine D basseFévrier à avrilFatigue diffuse, faiblesse musculaireSoleil, poissons gras, dosage si doute
Allergie aux pollensMars à juinNez bouché, éternuements, nuits agitéesConsultation, aération aux bonnes heures
Manque de ferToute l’annéeEssoufflement, pâleur, règles abondantesBilan sanguin chez le médecin
Dette de sommeilToute l’annéeSomnolence l’après-midiCoucher régulier, moins d’écrans le soir

Le manque de fer mérite une attention particulière chez la femme. Selon l’OMS, l’anémie touche environ 30 % des femmes de 15 à 49 ans dans le monde, et la fatigue en est le signe le plus courant.

Méthode : 5 gestes contre la fatigue de printemps

  1. Sortir dans les 2 heures qui suivent le réveil : 20 à 30 minutes de lumière naturelle recalent l’horloge plus vite que n’importe quelle lampe.
  2. Garder des horaires fixes la semaine du changement d’heure, week-end compris, quitte à se coucher 15 minutes plus tôt les jours précédents.
  3. Bouger dehors : marche rapide ou vélo profitent à la fois de la lumière, des UVB et de l’activité physique.
  4. Remplir l’assiette de légumes verts, légumineuses, céréales complètes et oléagineux, sources de magnésium et de vitamines B, et servir du poisson gras une à deux fois par semaine.
  5. Aérer tôt le matin ou tard le soir en période de pollens, et se rincer les cheveux avant de dormir si vous êtes allergique.

Si l’hiver a déjà été difficile, notre article sur la fatigue hivernale complète ces repères.

Quels compléments peuvent soutenir l’énergie au printemps ?

Aucun complément ne règle à lui seul la fatigue de printemps, mais certains nutriments portent des allégations reconnues. Le registre européen des allégations de santé admet que le magnésium, le fer, la vitamine C et plusieurs vitamines B (B2, B3, B5, B6, B9, B12) contribuent à réduire la fatigue.

Energyplex +, de la gamme Effiplex, réunit les huit vitamines du groupe B. Elles contribuent à un métabolisme énergétique normal et au fonctionnement normal du système nerveux, et participent à la réduction de la fatigue.

MegaMagnésium, du laboratoire HOD, apporte 102 mg de magnésium par dose de 3 gélules, sous forme d’acétyl taurinate. Le magnésium contribue à réduire la fatigue et à une fonction psychologique normale, un appui quand la fatigue de printemps bouscule les journées.

Une fatigue qui persiste au-delà de quelques semaines, avec perte de poids, essoufflement ou humeur très basse, doit être évaluée par un médecin.

Questions fréquentes sur la fatigue de printemps

Combien de temps dure la fatigue de printemps ?

Elle dure en général deux à quatre semaines, le temps que l’horloge biologique s’adapte aux journées plus longues et au changement d’heure. Si la lassitude se prolonge au-delà d’un mois, ou s’accompagne d’autres signes comme un essoufflement ou une perte de poids, il faut consulter un médecin pour en rechercher la cause.

Pourquoi est-on fatigué quand les jours rallongent ?

Le passage à l’heure d’été retire une heure de sommeil et décale le réveil par rapport au lever du soleil. Les études montrent que l’horloge interne ne s’adapte pas complètement. S’y ajoutent des réserves de vitamine D au plus bas en fin d’hiver et, chez les allergiques, des nuits perturbées par les pollens.

La fatigue de printemps est-elle liée à la vitamine D ?

Le taux de vitamine D est souvent au plus bas entre février et avril, car la peau en fabrique peu en hiver. Aucune étude ne prouve qu’il explique à lui seul la fatigue de printemps. La vitamine D contribue à une fonction musculaire normale ; un dosage sanguin se discute avec le médecin.

Quelles vitamines prendre contre la fatigue au printemps ?

Les vitamines B2, B3, B5, B6, B9 et B12, la vitamine C, le magnésium et le fer contribuent à réduire la fatigue selon les allégations autorisées en Europe. Une alimentation variée en apporte la plupart. Un complément peut soutenir une période chargée, sans remplacer le sommeil ni un bilan si la fatigue persiste.

Comment récupérer vite après le changement d’heure ?

Sortir à la lumière naturelle dans les deux heures qui suivent le réveil est le geste le plus efficace pour recaler l’horloge biologique. Gardez des horaires de coucher et de lever fixes toute la semaine, y compris le week-end, et limitez la caféine après 14 heures.

⚕️ Avertissement médical : Les informations de cet article sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un avis médical. Consultez un médecin avant toute supplémentation, en particulier en cas de traitement, grossesse ou pathologie. Les compléments alimentaires ne remplacent pas un traitement médical prescrit ni une alimentation équilibrée.

Écrit par Jean-Marie Butterlin, rédacteur santé et responsable éditorial de Labeffiplex.

Fondateur du média santé et longévité UltraSanté, coauteur avec le Dr Moulay Ali Belghiti du livre La Bible de la Longévité. Il rédige et supervise les contenus santé de Labeffiplex, avec des sources scientifiques citées et une distinction claire entre ce qui est prouvé et ce qui reste hypothétique.

Information générale, sans valeur de diagnostic ni de prescription. Un complément alimentaire ne remplace ni une alimentation variée ni un traitement. Demandez conseil à votre médecin ou pharmacien.

Jean-Marie Butterlin

Rédacteur santé et responsable éditorial de Labeffiplex. Fondateur d'UltraSanté, coauteur de La Bible de la Longévité avec le Dr Moulay Ali Belghiti.

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