L’huile de bourrache et l’huile d’onagre partagent le même atout pour la peau : l’acide gamma-linolénique (GLA), un oméga-6 rare dans l’alimentation. Elle en contient environ deux fois plus, mais seule l’onagre bénéficie d’un usage traditionnel reconnu par les autorités européennes.

En bref – L’huile de bourrache est une huile tirée des graines de Borago officinalis, riche en acide gamma-linolénique (GLA), un acide gras oméga-6 qui entre dans la structure de la barrière cutanée. Elle contient 26 à 38 % de GLA selon une revue de 2014, contre 7 à 14 % pour l’huile d’onagre selon l’EMA. Chez des adultes à la peau sèche, quelques essais de 8 à 12 semaines ont mesuré une perte d’eau cutanée réduite d’environ 10 %. Pour l’eczéma, la revue Cochrane de 2013 ne trouve aucun effet supérieur au placebo, pour l’une comme pour l’autre. L’onagre a un recul d’usage plus documenté, la bourrache apporte plus de GLA par capsule.
Huile de bourrache et huile d’onagre : quelle différence ?
La différence tient surtout à la quantité d’acide gamma-linolénique. D’après la revue d’Asadi-Samani et coll. (2014), l’huile de graines de bourrache contient 26 à 38 % de GLA, avec 35 à 38 % d’acide linoléique. Le rapport d’évaluation de l’EMA indique pour l’onagre 65 à 85 % d’acide linoléique et 7 à 14 % de GLA.
Il faut donc deux à trois capsules d’onagre pour égaler une capsule d’huile de bourrache de même poids. L’onagre apporte en revanche plus d’acide linoléique.
| Critère | Huile de bourrache | Huile d’onagre |
|---|---|---|
| Plante | Borago officinalis, graines | Oenothera biennis, graines |
| Teneur en GLA | 26 à 38 % (Asadi-Samani, 2014) | 7 à 14 % (EMA) |
| Acide linoléique | 35 à 38 % | 65 à 85 % |
| Statut européen | Aucune monographie EMA | Usage traditionnel EMA : démangeaisons de la peau sèche |
| Point de vigilance | Choisir une huile certifiée sans alcaloïdes pyrrolizidiniques | Déconseillée en grossesse et allaitement par l’EMA |
| Recul des études peau | Essais sur peau sèche et peau âgée | Essais sur peau saine et dermatite légère |
Comment le GLA agit sur la peau
Le GLA sert de matière première aux lipides qui retiennent l’eau dans l’épiderme. Normalement, le foie le fabrique à partir de l’acide linoléique grâce à une enzyme, la delta-6-désaturase. Selon Brosche et Platt (2000), la peau elle-même ne sait pas faire cette conversion : elle dépend du GLA apporté par le sang.
Le GLA est ensuite allongé en acide dihomo-gamma-linolénique (DGLA). La revue de Fan et Chapkin (1998) décrit comment le DGLA donne naissance à des médiateurs aux propriétés anti-inflammatoires, comme la prostaglandine E1. Ce mécanisme ne prouve pas à lui seul un effet visible sur la peau.
Le froid et les lavages agressifs dessèchent aussi la peau. Notre article pour distinguer une peau déshydratée d’une peau sèche aide à identifier le vrai problème avant toute cure.
Ce que montrent les études sur la peau sèche
Sur la peau sèche sans maladie, les résultats sont modestes mais cohérents, pour l’huile de bourrache comme pour l’onagre.
- Huile de bourrache chez les seniors : chez 29 personnes de 68 ans en moyenne, 360 à 720 mg de GLA par jour pendant 2 mois ont réduit la perte d’eau transépidermique de 10,8 % (Brosche et Platt, 2000). La part de participants se plaignant de démangeaisons est passée de 34 % à 0 %, sans hausse mesurable de l’hydratation.
- Huile de bourrache chez les femmes : dans l’essai de De Spirt et coll. (2009), 2,2 g d’acides gras par jour pendant 12 semaines ont réduit la perte d’eau d’environ 10 % dès la 6e semaine, avec une peau moins rugueuse et moins squameuse. L’huile de lin a donné des effets proches.
- Onagre chez l’adulte en bonne santé : Muggli (2005) rapporte, après 3 g par jour pendant 12 semaines, une hydratation meilleure de 12,9 % et une rugosité réduite de 21,7 % face au placebo. L’étude, financée par une marque, n’a pas été répliquée.
Ces essais restent petits et courts : ils suggèrent qu’un apport de GLA pourrait aider la barrière cutanée à mieux retenir l’eau, sans permettre d’affirmer un effet chez tout le monde.
Eczéma atopique : des résultats décevants
L’eczéma atopique est une maladie de peau chronique qui relève d’un suivi médical. Pour cette indication, la revue Cochrane de Bamford et coll. (2013) a analysé 27 essais et 1 596 participants : ni l’onagre ni la bourrache par voie orale n’ont amélioré les symptômes plus que le placebo.
Le plus grand essai sur l’huile de bourrache, celui de Takwale et coll. (2003), a suivi 140 adultes et enfants pendant 12 semaines avec 920 mg de GLA par jour chez l’adulte. Le score d’eczéma a moins baissé sous huile de bourrache que sous placebo, et la différence n’était pas significative.
Un essai coréen de Chung et coll. (2018) sur 50 patients atteints de dermatite légère a observé une amélioration sous onagre en 4 mois. Ce résultat isolé ne renverse pas la conclusion Cochrane : en cas d’eczéma, le dermatologue reste l’interlocuteur, et aucune huile ne remplace les soins prescrits. Si les démangeaisons apparaissent sans lésion, notre dossier sur les démangeaisons sans boutons recense les causes à vérifier.
Ce que dit l’Europe sur l’onagre et la bourrache
Pour l’onagre, l’Agence européenne des médicaments (EMA) reconnaît un usage traditionnel des médicaments à base de cette huile pour soulager les démangeaisons des peaux sèches, chez l’adulte et l’adolescent de plus de 12 ans. Ce statut repose sur 30 ans d’usage, pas sur des essais concluants. La dose retenue est de 4 à 6 g par jour, et un avis médical s’impose si les symptômes durent plus de 8 semaines.
L’huile de bourrache n’a pas de monographie équivalente. Côté compléments alimentaires, le registre européen des allégations ne contient aucune allégation de santé autorisée pour le GLA : un fabricant ne peut donc pas promettre un effet sur la peau au nom de l’huile de bourrache ou de l’onagre.
Précautions et contre-indications
L’huile de bourrache et l’huile d’onagre sont en général bien tolérées. La revue Cochrane signale surtout des troubles digestifs légers et passagers, et une possible hausse du risque de saignement sous warfarine pour l’onagre.
- Alcaloïdes pyrrolizidiniques : les feuilles de bourrache en contiennent, toxiques pour le foie. Pour l’huile de bourrache, la base LactMed recommande de ne choisir que des produits certifiés sans ces alcaloïdes.
- Grossesse et allaitement : l’EMA déconseille l’onagre faute de données. Une étude rétrospective de Dove et Johnson (1999) associe sa prise en fin de grossesse à davantage d’accouchements prolongés.
- Anticoagulants et chirurgie : demander l’avis du médecin avant une cure, et l’interrompre avant une intervention programmée.
Méthode : choisir entre bourrache et onagre en 5 questions
- Quel est votre objectif ? Pour une peau sèche qui tiraille, l’une ou l’autre peut convenir. Pour un eczéma, consultez plutôt un dermatologue.
- Combien de capsules voulez-vous prendre ? L’huile de bourrache apporte plus de GLA par capsule. Les essais sur la peau utilisaient 360 à 720 mg de GLA par jour.
- Êtes-vous enceinte ou allaitante ? Évitez les deux huiles sans avis médical.
- L’étiquette mentionne-t-elle l’absence d’alcaloïdes pyrrolizidiniques ? Pour l’huile de bourrache, c’est le premier critère de qualité.
- Pouvez-vous attendre 8 à 12 semaines ? C’est la durée des essais. Sans changement après 3 mois, inutile de prolonger.
Compléments : soutenir la peau autrement
Labeffiplex ne propose pas d’huile de bourrache ni d’onagre. Pour accompagner une peau sèche, d’autres nutriments disposent d’allégations autorisées.
Dermalift, de la gamme Effiplex, associe 10 mg de zinc, de la vitamine E, de l’acide hyaluronique et du collagène marin. Selon le registre européen des allégations, le zinc contribue au maintien d’une peau normale et la vitamine E à la protection des cellules contre le stress oxydatif. Notre comparatif collagène marin ou bovin détaille ce que l’on sait du collagène.
La vitamine C contribue à la formation normale de collagène pour assurer la fonction normale de la peau, une allégation autorisée par la réglementation européenne.
Questions fréquentes sur l’huile de bourrache
Quelle est la différence entre l’huile de bourrache et l’huile d’onagre ?
Les deux huiles apportent de l’acide gamma-linolénique (GLA), un oméga-6 utile à la barrière cutanée. La bourrache en contient 26 à 38 % selon une revue de 2014, l’onagre 7 à 14 % selon l’EMA. L’onagre bénéficie en revanche d’un usage traditionnel reconnu pour les démangeaisons de la peau sèche.
Laquelle choisir pour une peau sèche ?
Pour une peau sèche sans maladie, les deux huiles ont montré dans de petits essais une perte d’eau cutanée réduite d’environ 10 % en 8 à 12 semaines. L’huile de bourrache demande moins de capsules pour la même dose de GLA, l’onagre a un recul d’usage plus documenté.
L’huile de bourrache aide-t-elle contre l’eczéma ?
Non selon les données actuelles. La revue Cochrane de 2013, qui regroupe 27 essais et 1 596 participants, ne montre aucun effet de la bourrache ou de l’onagre par voie orale supérieur au placebo sur l’eczéma atopique. Un dermatologue doit encadrer la prise en charge.
Combien de temps faut-il prendre de l’huile de bourrache ?
Les essais sur la peau ont duré 8 à 12 semaines, avec 360 à 720 mg de GLA par jour. En l’absence de changement après 3 mois, prolonger la cure n’a pas d’intérêt démontré. Demandez l’avis d’un médecin en cas de traitement anticoagulant.
Peut-on prendre de l’huile d’onagre enceinte ?
L’Agence européenne des médicaments déconseille l’huile d’onagre pendant la grossesse et l’allaitement, faute de données de sécurité suffisantes. Une étude rétrospective l’associe à des accouchements plus longs. La même prudence s’applique à l’huile de bourrache, également riche en GLA.
⚕️ Avertissement médical : Les informations de cet article sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un avis médical. Consultez un médecin avant toute supplémentation, en particulier en cas de traitement, grossesse ou pathologie. Les compléments alimentaires ne remplacent pas un traitement médical prescrit ni une alimentation équilibrée.
Écrit par Jean-Marie Butterlin, rédacteur santé et responsable éditorial de Labeffiplex.
Fondateur du média santé et longévité UltraSanté, coauteur avec le Dr Moulay Ali Belghiti du livre La Bible de la Longévité. Il rédige et supervise les contenus santé de Labeffiplex, avec des sources scientifiques citées et une distinction claire entre ce qui est prouvé et ce qui reste hypothétique.
Information générale, sans valeur de diagnostic ni de prescription. Un complément alimentaire ne remplace ni une alimentation variée ni un traitement. Demandez conseil à votre médecin ou pharmacien.

