Le desmodium (Desmodium adscendens) est une petite plante tropicale vendue en France comme « plante du foie », en tisane, en gélules ou en extrait liquide. Aucune dose officielle n’existe pourtant : voici ce que l’on sait des quantités usuelles, des formes disponibles et des précautions avant une cure.

En bref – Le desmodium est une plante de la famille des Fabacées, originaire d’Afrique de l’Ouest et d’Amérique du Sud, dont on utilise la feuille. Sa réputation hépatique repose surtout sur l’usage traditionnel et sur des études chez le rat : aucun essai contrôlé chez l’humain n’a mesuré son effet, et aucune allégation de santé n’est autorisée en Europe. Il n’existe donc pas de dose officielle. Les fabricants proposent des cures courtes, de une à trois semaines, en suivant l’étiquette du produit. Les précautions portent sur la grossesse, l’allaitement, l’enfant, les médicaments (un extrait accélère des enzymes du foie chez le rat) et toute maladie du foie diagnostiquée, qui relève d’un médecin. Préférez un extrait de feuille, issu d’une filière qui contrôle l’espèce.
Le desmodium, une plante de feuille au statut encore flou
Le desmodium pousse dans les zones humides d’Afrique de l’Ouest et d’Amérique latine. Au Ghana, ses feuilles servent traditionnellement contre les gênes respiratoires, comme le rappelle la revue de Rastogi et coll. (2011). Sa réputation de plante du foie, très présente en France, vient d’usages africains popularisés à partir des années 1970.
La chimie de la feuille commence à être connue. McManus et coll. (1993) y ont isolé des saponines triterpéniques, dont la déhydrosoyasaponine I, qui active des canaux potassiques des muscles lisses. Magielse et coll. (2013) ont dosé le D-pinitol, un sucre-alcool, comme constituant principal de la décoction. Van Dooren et coll. (2018) y ont identifié des flavonoïdes dérivés de la vitexine, stables lors d’une digestion simulée.
Côté réglementation, la plante n’a pas de monographie à l’Agence européenne des médicaments et ne figure dans aucune allégation du registre européen des allégations de santé. Aucun fabricant ne peut donc écrire qu’elle agit sur le foie.
Ce que montrent les études, et leurs limites
Les données disponibles viennent surtout de l’animal et de la cellule. Chez le rat, Magielse et coll. (2013) ont observé qu’une décoction de la plante limitait la hausse des transaminases (ASAT, ALAT) après une agression chimique par la galactosamine. Le même extrait n’a pas modifié ces marqueurs dans un modèle d’atteinte par l’alcool.
Sur cellules de foie et de rein, François et coll. (2015) n’ont pas relevé de toxicité à 1 et 10 mg/ml, mais une perte de viabilité d’environ 40 % à 100 mg/ml. Les auteurs concluent qu’il faut utiliser la dose la plus faible.
Chez l’humain, la seule étude publiée est celle d’Imperatori et coll. (2018) : 12 patients atteints d’un cancer ORL ont reçu un dispositif associant la plante et une algue calcaire pendant leur chimiothérapie, sans groupe témoin. Les auteurs reconnaissent ne pas pouvoir attribuer l’amélioration de la douleur et de la fatigue au produit plutôt qu’au traitement. En clair, l’intérêt du desmodium chez l’humain reste une hypothèse.
Quelle dose de desmodium prendre ?
Il n’existe aucune dose validée par une autorité sanitaire, faute d’essai clinique. Les posologies affichées viennent des fabricants et varient selon la concentration. Suivez l’étiquette, sans la dépasser ni cumuler deux produits de desmodium.
À titre de repère, l’extrait liquide Desmoplex se prend à raison de 10 à 20 ml par jour dilués dans un verre d’eau, le matin, en cure de 9 à 18 jours. Une pause sépare deux cures.
Les tests de toxicité restent rassurants mais limités. Quaye et coll. (2017) ont estimé chez le rat une dose létale médiane de 1 122 mg d’extrait par kilo, très au-dessus des quantités d’un complément. Ces chiffres animaux ne se transposent pas à l’humain, et l’avis de François et coll. plaide pour la prudence.
Tisane, gélules ou extrait liquide : quelle forme choisir
La forme compte moins que la qualité de la matière première. Le tableau résume les options courantes de desmodium.
| Forme | Ce qu’elle contient | Atouts | Limites |
|---|---|---|---|
| Tisane ou décoction | Feuilles séchées infusées ou bouillies | Forme traditionnelle, étudiée chez l’animal | Teneur en actifs variable, préparation à refaire chaque jour |
| Gélules de poudre | Feuille broyée | Dose fixe, pratique en déplacement | Concentration souvent faible, peu d’informations sur la standardisation |
| Extrait liquide hydroglycériné | Extrait de feuille dans l’eau et la glycérine | Sans alcool, se dilue dans l’eau | Goût marqué, à agiter et conserver à l’abri de la chaleur |
| Extrait fluide ou ampoules | Extrait concentré, parfois avec alcool | Prise rapide | Alcool à éviter pendant la grossesse et chez l’enfant |
Deux points de qualité méritent attention. D’abord, l’arrêté royal belge du 24 janvier 2017 n’autorise que la feuille de la plante dans les denrées, à condition qu’une analyse ne détecte aucun dérivé de la diméthyltryptamine ni aucun alcaloïde de type bêta-carboline. Ensuite, plusieurs espèces se ressemblent : Peñaherrera et coll. (2025) rapportent qu’en Équateur, Desmodium adscendens et Desmodium molliculum sont utilisées indifféremment, d’où l’intérêt d’un fournisseur qui identifie l’espèce.
Desmoplex (gamme Effiplex) est un extrait hydroglycériné de feuille de desmodium, réservé à l’adulte et présenté sans allégation de santé.
Précautions : la checklist avant une cure
La sécurité du desmodium reste mal documentée chez l’humain : vérifiez ces points avant de commencer.
- Grossesse et allaitement : aucune donnée chez la femme enceinte ou allaitante, la cure est à éviter sans avis médical.
- Enfants : les produits du commerce sont réservés à l’adulte.
- Médicaments : chez le rat, l’extrait a accéléré l’élimination de deux médicaments en stimulant des enzymes du foie (cytochromes P450), selon Quaye et coll. (2017). Anticoagulant, antiépileptique, immunosuppresseur ou contraceptif : demandez l’avis de votre pharmacien.
- Chimiothérapie : aucune plante ne s’ajoute à un traitement anticancéreux sans l’accord de l’oncologue.
- Maladie du foie connue : hépatite, cirrhose ou bilan hépatique anormal relèvent d’un suivi médical, pas d’une cure en automédication.
- Signaux d’alerte : jaunisse, urines foncées, démangeaisons ou douleur sous les côtes droites imposent d’arrêter et de consulter.
Tout effet indésirable lié à un complément peut être signalé via le dispositif de nutrivigilance de l’Anses, qui surveille ces produits depuis 2009.
Desmodium et maladies du foie : ce qu’il ne remplace pas
Une maladie du foie se diagnostique par une prise de sang, une échographie ou une biopsie, et se prend en charge médicalement. Selon l’OMS, 240 millions de personnes vivaient avec une hépatite B chronique en 2024, dont 64 millions dans la Région africaine, et seules 27 % se savaient infectées. Le dépistage et les antiviraux sont les seuls leviers reconnus.
Aucune plante, desmodium compris, ne se substitue à ce suivi. Pour comparer avec d’autres plantes digestives mieux documentées, consultez nos articles sur le chardon-Marie et la silymarine, sur la feuille d’artichaut et la bile et sur le radis noir.
Pour un soutien fondé sur une allégation reconnue, la choline contribue au maintien d’une fonction hépatique normale et à un métabolisme normal des lipides, selon le règlement européen 432/2012. Hepareg en apporte à la dose requise, associée à des extraits végétaux.
Questions fréquentes sur le desmodium
Combien de temps dure une cure de desmodium ?
Aucune durée n’est validée par une autorité sanitaire. Les fabricants proposent des cures courtes, de 9 à 21 jours selon les produits, suivies d’une pause. Au-delà, l’absence de données de sécurité à long terme chez l’humain invite à ne pas enchaîner les cures sans avis d’un médecin ou d’un pharmacien.
Le desmodium est-il bon pour le foie ?
Son usage traditionnel en fait une plante associée au foie, et des études chez le rat montrent une protection contre certaines agressions chimiques. Aucun essai contrôlé chez l’humain ne l’a confirmé et aucune allégation de santé n’est autorisée en Europe. Il ne remplace pas le suivi d’une maladie du foie.
Peut-on prendre du desmodium avec des médicaments ?
Par précaution, demandez conseil à votre pharmacien. Chez le rat, un extrait de la plante a stimulé des enzymes du foie qui éliminent de nombreux médicaments, ce qui pourrait en réduire l’efficacité. Le risque d’interaction n’a pas été mesuré chez l’humain, mais il justifie un avis avant toute cure sous traitement.
Tisane ou extrait : quelle forme de desmodium est la meilleure ?
Aucune étude ne compare les formes chez l’humain. La tisane correspond à l’usage traditionnel, l’extrait liquide offre une dose plus régulière et les gélules sont pratiques. Le critère principal reste la qualité : feuille seule, espèce Desmodium adscendens identifiée, concentration indiquée sur l’étiquette.
Le desmodium est-il autorisé pendant la grossesse ?
Aucune donnée ne permet d’évaluer sa sécurité chez la femme enceinte ou allaitante. Les fabricants le déconseillent sans avis médical, et les extraits contenant de l’alcool sont à éviter. Parlez-en à votre médecin ou à votre sage-femme avant toute prise de plante pendant cette période.
⚕️ Avertissement médical : Les informations de cet article sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un avis médical. Consultez un médecin avant toute supplémentation, en particulier en cas de traitement, grossesse ou pathologie. Les compléments alimentaires ne remplacent pas un traitement médical prescrit ni une alimentation équilibrée.
Écrit par Jean-Marie Butterlin, rédacteur santé et responsable éditorial de Labeffiplex.
Fondateur du média santé et longévité UltraSanté, coauteur avec le Dr Moulay Ali Belghiti du livre La Bible de la Longévité. Il rédige et supervise les contenus santé de Labeffiplex, avec des sources scientifiques citées et une distinction claire entre ce qui est prouvé et ce qui reste hypothétique.
Information générale, sans valeur de diagnostic ni de prescription. Un complément alimentaire ne remplace ni une alimentation variée ni un traitement. Demandez conseil à votre médecin ou pharmacien.

