Faut-il vraiment faire 10 000 pas par jour pour rester en bonne santé ? Ce chiffre rond s’affiche par défaut sur la plupart des montres connectées, pourtant il ne vient pas d’une étude scientifique. Les grandes cohortes publiées depuis 2019 donnent une réponse plus nuancée, et plutôt rassurante : le bénéfice commence bien plus tôt.

En bref : L’objectif des 10 000 pas par jour est un repère né d’un podomètre japonais vendu en 1965, et non un seuil établi par la recherche. Les études associent un risque de décès plus bas dès 4 000 à 5 000 pas quotidiens. D’après une méta-analyse de 15 cohortes (2022), ce risque baisse jusqu’à 6 000 à 8 000 pas après 60 ans. Avant 60 ans, le plateau se situe entre 8 000 et 10 000 pas. Une synthèse de 57 études (2025) associe 7 000 pas à une mortalité inférieure de 47 % par rapport à 2 000 pas. Faire 10 000 pas reste un bon objectif pour les plus actifs, mais 7 000 à 8 000 pas apportent déjà l’essentiel du bénéfice observé. Ces résultats sont des associations, pas des preuves de causalité.
D’où vient l’objectif des 10 000 pas ?
Le chiffre de 10 000 pas vient du marketing, pas de la médecine. En 1965, la société japonaise Yamasa vend un podomètre nommé Manpo-kei, littéralement « compteur de 10 000 pas », rappelle l’étude d’I-Min Lee dans JAMA Internal Medicine (2019). Rond et facile à retenir, le nombre a gagné les clubs de marche, puis nos téléphones.
En 2004, Catrine Tudor-Locke et David Bassett proposent une grille encore utilisée. Moins de 5 000 pas par jour y signale un mode de vie sédentaire, et 10 000 pas le seuil d’une personne « active ». Les auteurs jugeaient déjà cet objectif difficile à tenir pour les personnes âgées ou malades chroniques.
Ce que montrent les études : le bénéfice commence avant 10 000 pas
Plus on marche, plus le risque de décès diminue, mais la courbe s’aplatit avant 10 000 pas. Chez 16 741 femmes de 72 ans en moyenne, environ 4 400 pas quotidiens étaient associés à une mortalité plus basse qu’à 2 700 pas (Lee, 2019). Le bénéfice plafonnait vers 7 500 pas.
La méta-analyse de Paluch (The Lancet Public Health, 2022) a réuni 47 471 adultes issus de 15 cohortes. Le quart le plus actif (10 901 pas en médiane) avait un risque de décès inférieur de 53 % par rapport au quart le moins actif (3 553 pas).
La synthèse la plus large à ce jour, 57 études analysées par Ding et ses collègues (2025), situe le point d’inflexion entre 5 000 et 7 000 pas. Ses auteurs voient dans 7 000 pas un objectif plus réaliste pour beaucoup, et gardent 10 000 pas pour les personnes déjà actives.
Chaque palier compte. Dans une méta-analyse de 226 889 participants (Banach, 2023), chaque tranche de 1 000 pas supplémentaires était associée à une mortalité inférieure de 15 %, jusqu’à 20 000 pas.
Combien de pas par jour selon votre âge ?
Après 60 ans, viser 10 000 pas n’a rien d’obligatoire : 6 000 à 8 000 pas par jour suffisent pour atteindre l’essentiel du bénéfice observé sur la mortalité. Avant 60 ans, le plateau se situe plutôt entre 8 000 et 10 000 pas (Paluch, 2022). L’âge change la cible, pas le principe.
Le cœur suit la même logique. Dans une méta-analyse de 20 152 adultes (Circulation, 2023), les plus actifs des 60 ans et plus avaient un risque cardiovasculaire inférieur de 49 %. Chez les moins de 60 ans, l’association n’était pas significative sur 6 ans de suivi.
Stens et ses collègues (2023) situent l’optimum vers 8 800 pas pour la mortalité et 7 100 pas pour les maladies cardiovasculaires. La marche s’ajoute aux autres leviers présentés dans notre article sur le risque cardiovasculaire.
Cerveau, moral, chutes : ce que l’on observe au-delà du cœur
Dans la synthèse de 2025, 7 000 pas étaient associés, par rapport à 2 000 pas, à un risque de démence inférieur de 38 %. L’écart atteignait 22 % pour les symptômes dépressifs, 14 % pour le diabète de type 2 et 28 % pour les chutes, avec un niveau de preuve faible pour ces dernières.
Pour la démence, le suivi de 78 430 Britanniques (Del Pozo Cruz, 2022) situe la baisse de risque maximale, de 51 %, vers 9 826 pas par jour, soit presque 10 000 pas. Côté moral, 33 études et 96 173 adultes (Bizzozero-Peroni, 2024) associent 7 000 pas ou plus à un risque de dépression inférieur de 31 %. Ces travaux restent observationnels : les personnes en bonne santé marchent aussi davantage.
Le rythme compte-t-il autant que le nombre de pas ?
Pour la mortalité, le volume de pas pèse plus lourd que la vitesse. Chez 4 840 Américains, Saint-Maurice et ses collègues (JAMA, 2020) ont relevé un risque de décès inférieur de 51 % à 8 000 pas par rapport à 4 000 pas. À total de pas égal, l’intensité n’apportait pas de bénéfice significatif.
Une allure soutenue garde son intérêt. Tudor-Locke et ses collègues (2011) retiennent 100 pas par minute comme seuil de la marche modérée : 30 minutes à ce rythme font environ 3 000 pas. L’OMS recommande au moins 150 minutes d’activité modérée par semaine, et 31 % des adultes dans le monde n’y parviennent pas.
Le muscle compte aussi : l’Anses conseille du renforcement musculaire 1 à 2 fois par semaine. Selon son analyse de 2022, 95 % des adultes français sont exposés à un risque pour leur santé par manque d’activité ou excès de temps assis.
Les paliers de pas en un tableau
| Pas par jour | Repère de Tudor-Locke | Ce que montrent les études |
|---|---|---|
| Moins de 5 000 | Sédentaire | Risque de décès le plus élevé. |
| 5 000 à 7 499 | Peu actif | Baisse nette du risque dès 4 400 pas. |
| 7 500 à 9 999 | Assez actif | Plateau atteint après 60 ans. |
| 10 000 à 12 499 | Actif | Plateau avant 60 ans. |
| 12 500 et plus | Très actif | Gain encore observé jusqu’à 20 000 pas. |
Méthode : passer de 4 000 à 8 000 pas sans se décourager
Une hausse progressive tient mieux qu’un objectif de 10 000 pas imposé du jour au lendemain. Les programmes avec podomètre font gagner environ 2 500 pas par jour aux personnes inactives, selon la revue de Bassett (2017).
- mesurez votre point de départ pendant 7 jours, sans rien changer ;
- ajoutez 1 000 pas par jour, soit une dizaine de minutes, et gardez ce palier deux semaines ;
- glissez 2 marches de 10 minutes à 100 pas par minute, une allure où la respiration s’accélère ;
- visez 7 000 à 8 000 pas, puis davantage si vos articulations suivent ;
- les semaines chargées, gardez au moins 2 jours à 8 000 pas, déjà associés à une mortalité plus basse (Inoue, 2023).
Comparez-vous à vous-même, avec le même appareil. Selon une méta-analyse de 59 études (2026), une montre au poignet compte 200 à 1 000 pas de plus par jour qu’un capteur porté à la hanche. Demandez l’avis de votre médecin avant d’accélérer en cas de maladie cardiaque, d’essoufflement inhabituel ou de douleur articulaire persistante. Dans les zones bleues, la marche fait partie du quotidien plus que du sport.
Muscles et fatigue : ce que l’alimentation apporte quand on marche plus
Aucun complément ne remplace les pas. L’alimentation reste la base, et le règlement européen 432/2012 autorise deux allégations utiles au marcheur. Le magnésium contribue à une fonction musculaire normale et à réduire la fatigue. MegaMagnésium en apporte 102 mg pour 3 gélules, soit 27 % des valeurs nutritionnelles de référence.
La vitamine D contribue au maintien d’une fonction musculaire normale. La peau la produit au soleil, ce que favorise la marche en plein air. Quand on sort peu, une goutte de Vitamine D3 apporte 50 µg (2 000 UI), à ne pas cumuler avec d’autres sources sans avis médical.
Faut-il vraiment faire 10 000 pas par jour ?
Non, ce n’est pas un seuil obligatoire : le chiffre vient d’un podomètre japonais de 1965. Les études associent déjà un risque de décès plus bas à 4 000 ou 5 000 pas. L’essentiel du bénéfice est atteint vers 6 000 à 8 000 pas après 60 ans, et 8 000 à 10 000 pas avant. Faire 10 000 pas reste un bon objectif pour les plus actifs.
Combien de pas par jour après 60 ans ?
Après 60 ans, la méta-analyse de 15 cohortes publiée en 2022 situe le plateau du bénéfice entre 6 000 et 8 000 pas par jour. Au-delà, le risque de décès baisse peu. Partir de son niveau actuel et ajouter 1 000 pas par palier reste la méthode la plus simple, avec un avis médical en cas de maladie cardiaque ou de douleur articulaire.
Combien de temps faut-il pour faire 10 000 pas ?
À 100 pas par minute, l’allure d’une marche modérée selon Tudor-Locke (2011), 10 000 pas demandent environ 1 h 40 de marche continue. En pratique, une partie s’accumule sans y penser, lors des trajets et des courses. Une personne qui fait déjà 5 000 pas doit ajouter environ 50 minutes de marche.
Peut-on rattraper ses pas le week-end ?
En partie. Dans une cohorte de 3 101 adultes américains suivis 10 ans, faire 8 000 pas ou plus 1 à 2 jours par semaine était associé à une mortalité inférieure de 14,9 points par rapport à aucun jour. L’écart atteignait 16,5 points pour 3 à 7 jours. La régularité reste l’option la plus simple à tenir.
⚕️ Avertissement médical : Les informations de cet article sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un avis médical. Consultez un médecin avant toute supplémentation, en particulier en cas de traitement, grossesse ou pathologie. Les compléments alimentaires ne remplacent pas un traitement médical prescrit ni une alimentation équilibrée.
Écrit par Jean-Marie Butterlin, rédacteur santé et responsable éditorial de Labeffiplex.
Fondateur du média santé et longévité UltraSanté, coauteur avec le Dr Moulay Ali Belghiti du livre La Bible de la Longévité. Il rédige et supervise les contenus santé de Labeffiplex, avec des sources scientifiques citées et une distinction claire entre ce qui est prouvé et ce qui reste hypothétique.
Information générale, sans valeur de diagnostic ni de prescription. Un complément alimentaire ne remplace ni une alimentation variée ni un traitement. Demandez conseil à votre médecin ou pharmacien.

