Le sauna pris quatre à sept fois par semaine est associé, chez les hommes finlandais suivis pendant 20 ans, à un risque de mort subite cardiaque divisé par près de trois. Ce chiffre vient de la cohorte de Kuopio, la plus citée sur le sujet. Il décrit une association, pas un effet démontré.

En bref – Le sauna finlandais est un bain d’air chaud et sec, en général entre 70 et 100 °C avec 10 à 20 % d’humidité. Dans la cohorte KIHD de Kuopio (2 315 hommes de 42 à 60 ans, suivis 20,7 ans en médiane), les hommes qui en prenaient 4 à 7 par semaine avaient 63 % de risque de mort subite cardiaque en moins que ceux qui n’en prenaient qu’un. Des écarts du même ordre apparaissent pour l’hypertension, l’AVC et la démence. Ces résultats restent observationnels : les grands utilisateurs étaient peut-être en meilleure santé au départ. L’alcool, l’angor instable et un infarctus récent sont les principales situations à risque.
Ce que montre la cohorte finlandaise de Kuopio
La réponse courte : plus la fréquence du sauna augmente, plus le risque d’événement cardiovasculaire mortel baisse dans cette population. L’étude de Laukkanen et coll. (2015) (JAMA Internal Medicine) a suivi 2 315 hommes de l’est de la Finlande recrutés entre 1984 et 1989.
Trois groupes : 601 hommes à une séance par semaine, 1 513 à deux ou trois, 201 à quatre à sept. Après ajustement sur les facteurs de risque cardiovasculaire, le groupe à quatre séances ou plus présentait un rapport de risque de 0,37 pour la mort subite cardiaque, soit 63 % de risque en moins.
La tendance était comparable pour la mortalité coronarienne, cardiovasculaire et toutes causes. La durée comptait aussi : au-delà de 19 minutes par séance, le risque de mort subite était réduit de 52 % par rapport aux séances de moins de 11 minutes.
Tension, AVC, mémoire : les autres résultats de la même cohorte
La même équipe a exploré d’autres maladies. Le tableau résume les rapports de risque du groupe à 4 à 7 séances hebdomadaires, comparé au groupe à une séance.
| Événement mesuré | Population et suivi | Rapport de risque (4 à 7 séances) | Étude |
|---|---|---|---|
| Mort subite cardiaque | 2 315 hommes, 20,7 ans | 0,37 (63 % en moins) | Laukkanen 2015 |
| Hypertension | 1 621 hommes, 24,7 ans | 0,54 (46 % en moins) | Zaccardi 2017 |
| Démence | 2 315 hommes, 20,7 ans | 0,34 (66 % en moins) | Laukkanen 2017 |
| AVC | 1 628 hommes et femmes, 14,9 ans | 0,39 (61 % en moins) | Kunutsor 2018 |
| Mortalité cardiovasculaire | 1 688 hommes et femmes, 15 ans | 0,23 (77 % en moins) | Laukkanen 2018 |
Le travail de Kunutsor et coll. (2018) inclut des femmes : l’association avec l’AVC ne variait ni selon le sexe, ni selon l’âge.
Pourquoi ces chiffres ne prouvent pas un effet direct
Une cohorte observe, elle ne teste pas. Les hommes qui prenaient un sauna presque chaque jour étaient peut-être plus aisés ou plus actifs, malgré les ajustements statistiques. Une personne déjà malade du cœur fréquente aussi moins les bains chauds, ce qui peut gonfler l’écart.
Le groupe à 4 à 7 séances ne comptait que 201 hommes, avec 10 morts subites : les intervalles de confiance sont larges. La revue systématique de Hussain et Cohen (2018) recense 40 études cliniques, dont seulement 13 essais randomisés, souvent sur moins de 40 personnes. Les auteurs réclament des données plus solides.
Enfin, ces résultats concernent le sauna finlandais traditionnel, dans un pays où il fait partie de la vie courante. Les maladies cardiovasculaires restent la première cause de mortalité dans le monde selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), loin devant toute habitude de bien-être.
Ce que la chaleur change dans le corps
Une séance agit surtout sur les vaisseaux. Dans l’étude expérimentale de Laukkanen et coll. (2018), 102 adultes porteurs d’au moins un facteur de risque ont passé 30 minutes à 73 °C. Leur tension systolique est passée en moyenne de 137 à 130 mmHg, et la rigidité artérielle a baissé juste après la séance.
La chaleur dilate les vaisseaux de la peau, accélère le cœur comme un effort modéré et fait transpirer. En 2026, une équipe finlandaise a mesuré une température corporelle passant de 36,4 à 38,4 °C après 30 minutes de sauna.
Notre article sur les zones bleues rappelle que la longévité repose d’abord sur un ensemble d’habitudes.
Méthode : pratiquer le sauna avec prudence
- Commencer court : 8 à 10 minutes pour les premières séances, puis allonger jusqu’à 15 à 20 minutes si tout se passe bien.
- Boire de l’eau avant et après, car une séance fait perdre plusieurs centaines de millilitres de sueur.
- Zéro alcool avant et pendant la séance.
- Se relever lentement en sortant, pour limiter le malaise lié à la baisse de tension.
- Ne pas y aller seul en cas de maladie chronique ou de traitement qui fait baisser la tension.
- Sortir sans attendre en cas de vertige, de nausée, de douleur thoracique ou de palpitations.
Le passage au froid après la chaleur est une tradition nordique, mais le choc thermique fait monter brutalement la tension : notre article sur la douche froide détaille ce réflexe. Si vous avez souvent la tête qui tourne en vous levant, lisez aussi notre guide sur l’hypotension avant de commencer.
Qui doit éviter le sauna ou demander un avis médical
La plupart des adultes en bonne santé le tolèrent bien, selon la revue de Hannuksela et Ellahham (2001). Elle cite comme contre-indications l’angor instable, un infarctus récent et un rétrécissement aortique serré. Les personnes atteintes d’une maladie cardiaque, d’une hypertension non équilibrée ou enceintes doivent en parler à leur médecin avant.
L’alcool reste le premier danger. En Finlande, Kenttämies et Karkola (2008) ont recensé moins de 2 décès par an pour 100 000 habitants lors d’une séance, et la moitié de ces personnes avaient bu. Chez l’homme qui veut concevoir, l’essai de Garolla et coll. (2013) a observé une baisse du nombre et de la mobilité des spermatozoïdes après trois mois de séances, réversible à l’arrêt.
Sudation, minéraux et cœur : le rôle possible des compléments
Aucun complément ne reproduit les effets du sauna, et aucun n’est nécessaire pour en profiter. La sueur contient surtout du sodium et un peu de magnésium. Pour les personnes dont l’alimentation en apporte peu, le magnésium contribue à l’équilibre électrolytique et au fonctionnement normal des muscles, deux allégations autorisées par le registre européen des allégations de santé.
MegaMagnésium apporte du magnésium sous forme d’acétyl taurinate (ATA-Mg). Il peut compléter une alimentation pauvre en légumes verts et oléagineux, sans remplacer l’eau bue après la séance.
Côté cœur, l’EPA et le DHA contribuent à une fonction cardiaque normale, à partir de 250 mg par jour. Omegaplex-3 en apporte 225 mg par capsule (190 mg d’EPA et 35 mg de DHA) : deux capsules atteignent ce seuil. Ces apports ne se substituent à aucun suivi médical.
Combien de séances de sauna par semaine sont associées aux meilleurs résultats ?
Dans la cohorte finlandaise de Kuopio, le groupe à 4 à 7 séances de sauna par semaine avait les risques les plus bas, dont 63 % de morts subites cardiaques en moins par rapport à une séance. C’est une association observée chez des Finlandais habitués, pas une dose prouvée.
Combien de temps doit durer une séance de sauna ?
Dans l’étude de 2015, les séances de plus de 19 minutes étaient associées à un risque de mort subite réduit de moitié par rapport à celles de moins de 11 minutes. Pour débuter, 8 à 10 minutes suffisent. On allonge ensuite progressivement, en sortant dès le moindre vertige ou malaise.
Le sauna fait-il baisser la tension ?
Une séance de 30 minutes à 73 °C a fait passer la tension systolique moyenne de 137 à 130 mmHg chez 102 adultes, avec un effet encore présent 30 minutes après. Cet effet est passager et ne remplace aucun traitement prescrit.
Le sauna est-il bon pour la mémoire ?
Les hommes de la cohorte de Kuopio qui prenaient 4 à 7 séances par semaine avaient 66 % de risque de démence en moins sur 20 ans. Aucun essai n’a montré que commencer le sauna protège la mémoire. Le lien pourrait refléter un meilleur état de santé initial.
Qui ne doit pas aller au sauna ?
L’angor instable, un infarctus récent et un rétrécissement aortique serré contre-indiquent le sauna. En cas de maladie cardiaque, d’hypertension mal équilibrée, de grossesse ou de traitement hypotenseur, demandez l’avis du médecin. L’alcool avant ou pendant la séance est à proscrire pour tous.
Le sauna infrarouge a-t-il les mêmes effets ?
Rien ne le montre pour l’instant. Les résultats de la cohorte finlandaise concernent le sauna traditionnel, avec un air à 70 à 100 °C. Les cabines infrarouges chauffent moins l’air et ont été beaucoup moins étudiées. Le hammam, très humide, agit aussi autrement.
⚕️ Avertissement médical : Les informations de cet article sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un avis médical. Consultez un médecin avant toute supplémentation, en particulier en cas de traitement, grossesse ou pathologie. Les compléments alimentaires ne remplacent pas un traitement médical prescrit ni une alimentation équilibrée.
Écrit par Jean-Marie Butterlin, rédacteur santé et responsable éditorial de Labeffiplex.
Fondateur du média santé et longévité UltraSanté, coauteur avec le Dr Moulay Ali Belghiti du livre La Bible de la Longévité. Il rédige et supervise les contenus santé de Labeffiplex, avec des sources scientifiques citées et une distinction claire entre ce qui est prouvé et ce qui reste hypothétique.
Information générale, sans valeur de diagnostic ni de prescription. Un complément alimentaire ne remplace ni une alimentation variée ni un traitement. Demandez conseil à votre médecin ou pharmacien.

