Varices : pourquoi apparaissent-elles et quand faut-il consulter ?

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Les varices touchent environ un adulte sur trois entre 18 et 64 ans, selon l’Edinburgh Vein Study publiée en 1999. Ces veines dilatées et sinueuses des jambes ne sont pas qu’un souci esthétique : elles traduisent une veine qui ne renvoie plus correctement le sang vers le cœur. Cet article détaille pourquoi les varices se forment, qui est le plus exposé, les signes qui doivent alerter et le moment où un avis médical devient nécessaire.

Varices : femme assise sur un banc de parc après une marche, main posée sur le mollet

En bref – Les varices sont des veines superficielles des jambes dilatées de façon permanente, d’un diamètre supérieur à 3 mm, qui apparaissent quand les valvules veineuses ne se ferment plus et laissent le sang refluer vers le bas. L’hérédité est le premier facteur de risque : le risque atteint 90 % quand les deux parents sont atteints, selon l’étude de Cornu-Thenard (1994). L’âge, les grossesses, le surpoids et la station debout prolongée favorisent leur apparition. Une consultation s’impose en cas de douleur, de gonflement d’une seule jambe, de changement de couleur de la peau, de saignement ou de plaie qui ne cicatrise pas. Le médecin confirme le diagnostic par un écho-Doppler veineux, puis propose compression, sclérothérapie, laser ou chirurgie selon le stade. L’hygiène de vie et certaines plantes d’usage traditionnel accompagnent le confort des jambes, sans se substituer à la prise en charge médicale.

Varices : de quoi parle-t-on exactement ?

Une varice est une veine superficielle dilatée de façon permanente, tortueuse, dont le diamètre dépasse 3 mm en position debout. Elle siège le plus souvent sur le trajet de la grande veine saphène (face interne de la cuisse et de la jambe) ou de la petite veine saphène (face postérieure du mollet). Les médecins la classent au stade C2 de la classification CEAP, la référence internationale pour décrire la maladie veineuse chronique.

Il ne faut pas les confondre avec les varicosités (télangiectasies), ces fins réseaux rouges ou violacés de moins de 1 mm, visibles sous la peau et classés C1. Les varicosités posent surtout un problème esthétique. Les varices, elles, peuvent évoluer vers un œdème (C3), des troubles cutanés comme la dermite ocre ou l’eczéma variqueux (C4), puis un ulcère de jambe (C5-C6) si le reflux veineux n’est pas pris en charge.

Le problème est fréquent. Le Vein Consult Program, enquête internationale menée auprès de 91 545 patients de médecine générale et publiée en 2012, a trouvé des signes de maladie veineuse chronique chez 63,9 % des adultes examinés, toutes classes C1 à C6 confondues.

Pourquoi les varices apparaissent-elles ?

Les varices apparaissent quand les valvules des veines des jambes deviennent incontinentes. Dans une veine saine, ces petits clapets s’ouvrent au passage du sang qui remonte vers le cœur, puis se referment pour l’empêcher de redescendre. Le retour veineux est assuré par la contraction des muscles du mollet à chaque pas, la « pompe du mollet », aidée par l’appui plantaire et la respiration.

Quand la paroi veineuse perd de son élasticité, la veine se distend et les valvules ne se rejoignent plus. Le sang reflue alors vers le bas sous l’effet de la pesanteur : c’est le reflux veineux. La pression dans la veine augmente, surtout en position debout, la veine se dilate davantage et le cercle s’auto-entretient. Visible et sinueuse, la veine distendue devient alors une varice, parfois sensible au toucher.

Cette fragilité de la paroi veineuse est en grande partie héréditaire. Elle s’exprime plus tôt quand des facteurs aggravants s’ajoutent : hormones de la grossesse, utérus qui comprime les veines du bassin, prise de poids, chaleur ou piétinement prolongé. Plus rarement, les varices sont la conséquence d’une phlébite ancienne qui a abîmé les valvules des veines profondes.

Facteurs de risque : qui est le plus exposé ?

L’hérédité pèse plus lourd que tout le reste. Dans l’étude de Cornu-Thenard portant sur 134 familles examinées cliniquement, le risque de développer des varices atteignait 90 % quand les deux parents étaient atteints, 62 % pour une fille et 25 % pour un fils quand un seul parent l’était, contre 20 % sans antécédent parental. Les autres facteurs sont résumés dans le tableau ci-dessous.

Facteur de risqueMécanismePeut-on agir dessus ?
Antécédents familiauxParoi veineuse et valvules constitutionnellement fragilesNon, mais dépistage et prévention précoces
ÂgePerte progressive d’élasticité de la paroi des veinesNon
Grossesses répétéesProgestérone qui relâche les veines, compression des veines du bassinPartiellement (compression, activité adaptée)
Surpoids et obésitéPression accrue sur les veines des jambes et du bassinOui
Station debout ou assise prolongéePompe du mollet inactive, stagnation du sangOui (pauses, marche, surélévation)
SédentaritéMollets peu sollicités, retour veineux ralentiOui
Chaleur, bains chauds, saunaDilatation des veines superficiellesOui
Antécédent de phlébiteValvules profondes détruites, surcharge du réseau superficielSuivi médical indispensable

Contrairement à une idée reçue, les hommes ne sont pas épargnés. L’Edinburgh Vein Study a mesuré une prévalence des varices tronculaires de 40 % chez les hommes contre 32 % chez les femmes, avec des formes souvent plus discrètes chez eux et donc moins souvent montrées au médecin.

Quels symptômes accompagnent les varices ?

Des varices peuvent rester longtemps indolores, et la taille de la veine visible ne prédit pas l’intensité de la gêne. Les symptômes les plus fréquents sont une sensation de jambes lourdes qui s’aggrave en fin de journée, par temps chaud ou après une station debout prolongée, des crampes nocturnes du mollet, des fourmillements, des démangeaisons le long de la veine et un gonflement des chevilles le soir.

Ces signes ont une particularité : ils s’améliorent en position allongée, jambes surélevées, et à la marche. Une douleur qui persiste au repos ou qui augmente à la marche oriente vers une autre cause, artérielle, articulaire ou neurologique, et mérite un examen. Avec le temps, la peau de la cheville peut brunir (dermite ocre), s’épaissir, démanger ou se fissurer : ce sont les signes d’une insuffisance veineuse installée.

Quand faut-il consulter pour des varices ?

Toute varice gênante justifie une consultation, et la recommandation britannique NICE (CG168) préconise d’adresser au spécialiste vasculaire dès que des varices s’accompagnent de symptômes ou de modifications de la peau. En France, le médecin traitant oriente vers un médecin vasculaire (angiologue ou phlébologue). Certaines situations ne doivent pas attendre.

  • Consultez en urgence (le jour même) si une jambe gonfle brutalement, devient chaude, rouge ou douloureuse au mollet : ce tableau fait suspecter une phlébite. Notre article sur les premiers signes de la phlébite détaille les symptômes à connaître.
  • Consultez en urgence si une varice saigne : allongez-vous, surélevez la jambe, comprimez fermement et appelez le 15 si le saignement ne s’arrête pas.
  • Consultez rapidement (dans la semaine) si une veine devient dure, rouge et douloureuse sur son trajet : c’est le signe d’une thrombose veineuse superficielle, qui peut s’étendre au réseau profond.
  • Consultez rapidement si une plaie de la cheville ne cicatrise pas en deux semaines, ou si la peau brunit, s’épaissit ou suinte.
  • Prenez rendez-vous sans urgence si les varices sont visibles sans symptôme, avant une grossesse, avant un long voyage ou si vous souhaitez un traitement esthétique.

Un gonflement des deux chevilles sans varice visible n’a pas toujours une origine veineuse. Nous expliquons les autres causes possibles dans notre article sur la rétention d’eau.

Que fait le médecin : examens et traitements des varices

L’examen de référence est l’écho-Doppler veineux des membres inférieurs. Indolore, il visualise les veines, localise les reflux et mesure leur durée, puis vérifie que le réseau profond est libre de tout caillot. C’est sur cette cartographie que le médecin vasculaire décide du traitement.

La compression médicale (bas, chaussettes ou collants de classe 2 le plus souvent) reste la base : elle soulage les symptômes et freine l’œdème, même si la revue Cochrane de 2021 juge les preuves de son effet sur la progression des varices de faible certitude. Pour supprimer la veine malade, la Haute Autorité de Santé a évalué dès 2004 la sclérothérapie (injection d’un produit qui ferme la veine), le laser endoveineux, la radiofréquence et le stripping chirurgical. Les techniques endoveineuses, sous anesthésie locale, sont aujourd’hui proposées en première intention.

En cas de varices symptomatiques, le médecin peut aussi prescrire des veinotoniques (diosmine, rutosides, extraits de vigne rouge). La revue Cochrane de 2020, qui a analysé 69 essais contrôlés, conclut que ces médicaments réduisent probablement un peu l’œdème et certains symptômes, avec des effets indésirables digestifs plus fréquents que sous placebo, et sans effet démontré sur la disparition des varices elles-mêmes.

Hygiène de vie : la méthode au quotidien quand on a des varices

Aucune mesure d’hygiène de vie ne fait disparaître des varices constituées. En revanche, un ensemble de gestes simples réduit la pression dans les veines, limite les symptômes et ralentit l’évolution. Voici la routine conseillée par les médecins vasculaires.

  1. Marchez 30 minutes par jour : chaque pas active la pompe du mollet. Natation, vélo et aquagym conviennent aussi.
  2. Bougez toutes les heures au bureau ou en voyage : montez sur la pointe des pieds 20 fois, fléchissez les chevilles, faites quelques pas.
  3. Surélevez les jambes de 10 à 15 cm la nuit (cale sous les pieds du lit) et dès que possible en journée.
  4. Fuyez la chaleur : douchez vos jambes à l’eau fraîche de bas en haut, limitez bains chauds, sauna, épilation à la cire chaude et exposition prolongée au soleil.
  5. Portez votre compression si elle est prescrite, dès le lever, surtout en avion et pendant la grossesse.
  6. Surveillez votre poids et privilégiez une alimentation riche en fibres : la constipation augmente la pression dans les veines du bassin.
  7. Choisissez des chaussures à talon de 3 à 4 cm et évitez les vêtements qui serrent la taille ou l’aine.

Certaines plantes sont utilisées depuis longtemps pour le confort des jambes. Le marron d’Inde a fait l’objet d’une revue Cochrane en 2012 : les essais contre placebo, de courte durée, suggèrent une amélioration de la douleur et du volume de la jambe en cas d’insuffisance veineuse chronique, avec un niveau de preuve encore limité. Chez Labeffiplex, Venoplex associe cinq plantes (baccharis, romarin, grand plantain, maté et gui) en gouttes sublinguales, pour les adultes qui recherchent une formule végétale d’usage traditionnel liée à la sensation de jambes légères, notamment en été. Ces plantes ne font l’objet d’aucune allégation de santé autorisée à ce jour : Venoplex ne traite pas les varices et ne remplace ni la compression ni l’avis du médecin vasculaire. Le Pack Venoplex y ajoute la crème Venoplex, un gel de massage cosmétique au menthol, à l’hamamélis et au marron d’Inde, pour un geste rafraîchissant du bas vers le haut en fin de journée.

Le gui et l’alcool présents dans les gouttes imposent des précautions : Venoplex est déconseillé pendant la grossesse et l’allaitement, chez l’enfant, sous traitement immunosuppresseur, et demande l’avis du médecin ou du pharmacien en cas de traitement anticoagulant.

Sources

  • Evans CJ et al. Prevalence of varicose veins and chronic venous insufficiency in men and women in the general population: Edinburgh Vein Study. J Epidemiol Community Health, 1999. PubMed
  • Rabe E et al. Epidemiology of chronic venous disorders in geographically diverse populations: results from the Vein Consult Program. Int Angiol, 2012. PubMed
  • Cornu-Thenard A et al. Importance of the familial factor in varicose disease. Clinical study of 134 families. J Dermatol Surg Oncol, 1994. PubMed
  • Martinez-Zapata MJ et al. Phlebotonics for venous insufficiency. Cochrane Database Syst Rev, 2020. PubMed
  • Shingler S et al. Graduated compression stockings for the initial treatment of varicose veins in people without venous ulceration. Cochrane Database Syst Rev, 2021. PubMed
  • Pittler MH, Ernst E. Horse chestnut seed extract for chronic venous insufficiency. Cochrane Database Syst Rev, 2012. PubMed
  • Haute Autorité de Santé. Traitement des varices des membres inférieurs, 2004. HAS
  • NICE. Varicose veins: diagnosis and management, clinical guideline CG168, 2013. NICE

Les varices sont-elles dangereuses ?

La plupart des varices restent bénignes pendant des années. Les complications possibles sont la thrombose veineuse superficielle, le saignement en cas de choc, l’eczéma variqueux et, à long terme, l’ulcère de jambe. Un suivi par un médecin vasculaire, avec écho-Doppler, permet de repérer les varices qui méritent un traitement avant que ces complications n’apparaissent.

Les varices peuvent-elles disparaître toutes seules ?

Non. Une veine dilatée de façon permanente ne retrouve pas son calibre initial, sauf certaines varices de grossesse qui régressent en partie dans les mois suivant l’accouchement. L’hygiène de vie et la compression limitent les symptômes et l’évolution, mais seule une intervention (sclérothérapie, laser, radiofréquence ou chirurgie) supprime la veine malade.

Quel médecin consulter pour des varices ?

Commencez par votre médecin traitant, qui vous oriente vers un médecin vasculaire (angiologue ou phlébologue). Ce spécialiste réalise l’écho-Doppler, pose l’indication de compression et pratique la sclérothérapie. Les traitements endoveineux et la chirurgie sont réalisés par un médecin vasculaire ou un chirurgien vasculaire, selon les techniques.

Les varices reviennent-elles après un traitement ?

La veine traitée ne récidive pas, mais la maladie veineuse reste évolutive : d’autres veines peuvent se dilater avec les années, surtout quand l’hérédité est forte. Les études de suivi montrent des récidives dans 20 à 30 % des cas à cinq ans, toutes techniques confondues. Un contrôle régulier et la poursuite des mesures d’hygiène de vie réduisent ce risque.

Peut-on prendre l’avion avec des varices ?

Oui, avec quelques précautions. L’immobilité prolongée et la pression en cabine favorisent la stagnation du sang. Portez des chaussettes de compression dès l’embarquement, levez-vous toutes les heures, mobilisez les chevilles en position assise et buvez de l’eau régulièrement. En cas d’antécédent de phlébite, demandez l’avis de votre médecin avant un vol de plus de quatre heures.

Un complément alimentaire peut-il soigner les varices ?

Non. Aucun complément alimentaire ne traite ni ne fait disparaître une varice, et la réglementation européenne interdit de le prétendre. Les plantes d’usage traditionnel comme celles de Venoplex s’adressent à la sensation de jambes légères, en complément de la marche, de la compression et du suivi médical. Toute varice symptomatique relève d’abord de l’avis d’un médecin vasculaire.

⚕️ Avertissement médical : Les informations de cet article sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un avis médical. Consultez un médecin avant toute supplémentation, en particulier en cas de traitement, grossesse ou pathologie. Les compléments alimentaires ne remplacent pas un traitement médical prescrit ni une alimentation équilibrée.

Écrit par Jean-Marie Butterlin, rédacteur santé et responsable éditorial de Labeffiplex.

Fondateur du média santé et longévité UltraSanté, coauteur avec le Dr Moulay Ali Belghiti du livre La Bible de la Longévité. Il rédige et supervise les contenus santé de Labeffiplex, avec des sources scientifiques citées et une distinction claire entre ce qui est prouvé et ce qui reste hypothétique.

Information générale, sans valeur de diagnostic ni de prescription. Un complément alimentaire ne remplace ni une alimentation variée ni un traitement. Demandez conseil à votre médecin ou pharmacien.

Jean-Marie Butterlin

Rédacteur santé et responsable éditorial de Labeffiplex. Fondateur d'UltraSanté, coauteur de La Bible de la Longévité avec le Dr Moulay Ali Belghiti.

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