Le mal des transports gâche beaucoup de trajets en voiture : bâillements, sueurs froides, salive abondante, puis nausées. Il ne relève pas d’un estomac fragile. Il naît d’un désaccord entre ce que voient les yeux et ce que ressent l’oreille interne, et quelques gestes simples réduisent nettement ce désaccord.

En bref – Le mal des transports, ou cinétose, est un malaise provoqué par le mouvement quand l’oreille interne perçoit des accélérations que les yeux ne voient pas, par exemple en lisant à l’arrière d’une voiture. Il touche surtout les enfants de 2 à 12 ans et davantage les femmes que les hommes. Dans une enquête de 1999 auprès de 3 256 passagers d’autocar, 28,4 % se sentaient mal ; la proportion était environ trois fois plus faible chez ceux qui voyaient bien la route. Six gestes limitent les nausées : s’asseoir devant et regarder au loin, poser livre et écran, aérer, manger léger, respirer lentement, faire des pauses. Les médicaments relèvent d’un avis médical.
Pourquoi a-t-on le mal des transports en voiture ?
On a le mal des transports parce que le cerveau reçoit deux messages contradictoires. L’oreille interne, ou système vestibulaire, détecte les virages, les freinages et les accélérations. Les yeux, fixés sur un livre ou sur l’habitacle, signalent au contraire que rien ne bouge.
Le Manuel MSD décrit ce conflit entre informations vestibulaires, visuelles et proprioceptives comme le déclencheur principal.
Bâillements, pâleur, chaleur et salive abondante précèdent souvent les nausées, puis les vomissements si le trajet continue.
Qui est le plus sujet au mal des transports ?
Les enfants de 2 à 12 ans sont les plus sensibles au mal des transports, alors que les nourrissons y échappent presque toujours. Dans une étude brésilienne de 2014 menée auprès de 831 écoliers de 7 à 12 ans, 43,4 % en souffraient en voiture et 43,2 % en bus (Henriques, European Journal of Pediatrics 2014).
L’enquête de Turner et Griffin a relevé environ quatre femmes malades pour trois hommes (Ergonomics, 1999). La migraine est aussi associée à une plus grande susceptibilité, selon le Manuel MSD.
Les 6 gestes qui limitent les nausées en voiture
Ces six gestes réduisent le conflit sensoriel à l’origine du mal des transports, dès le départ.
- S’asseoir devant et regarder au loin : la place passagère avant, ou le volant si vous conduisez, et le regard sur la route ou l’horizon.
- Poser le livre et l’écran : pas de lecture, de téléphone ni de tablette pendant le trajet, y compris pour les enfants à l’arrière.
- Aérer l’habitacle : une vitre entrouverte ou une ventilation fraîche, sans parfum d’ambiance ni odeur de nourriture.
- Manger léger avant de partir : un repas simple et peu gras, pas d’alcool, de petites gorgées d’eau en route.
- Respirer lentement : environ six respirations par minute, en gonflant le ventre, dès les premiers bâillements.
- Faire des pauses et caler la tête : un arrêt toutes les heures ou deux, la tête appuyée contre le dossier, les yeux fermés si la route ne se voit pas.
Regarder la route : le geste le mieux étayé
Voir la route devant soi divise par trois environ le risque de se sentir mal en voiture ou en car. Chez les passagers d’autocar qui ne voyaient pas la route, 34,6 % se sentaient malades, contre 12,7 % chez ceux qui la voyaient très bien (Turner et Griffin, 1999).
Le conducteur souffre rarement du mal des transports. Dans une expérience sur 22 paires de volontaires, ceux qui contrôlaient la rotation avaient moins de symptômes que leurs partenaires passifs (Rolnick et Lubow, Ergonomics 1991).
Prendre le volant sur une partie du trajet, quand c’est sûr, limite donc le mal des transports chez un adulte sensible.
Respiration, musique, repas : les gestes d’appoint
La respiration lente et une musique agréable apportent un bénéfice modeste mais réel, sans effet indésirable. En 1999, sur 46 jeunes adultes sensibles placés dans un tambour rotatif, ceux qui respiraient lentement avaient moins de symptômes que ceux qui comptaient leurs respirations (Jokerst, Aviation, Space and Environmental Medicine 1999).
En 2003, chez 24 volontaires, contrôler sa respiration ou écouter une musique prolongeait le temps toléré avant la nausée, avec une efficacité environ moitié moindre qu’un médicament (Yen Pik Sang, Journal of Travel Medicine 2003).
Côté assiette, l’alcool et les repas copieux augmentent le risque, selon le Manuel MSD. Si vos nausées surviennent aussi hors de la voiture, notre article sur les nausées après manger aide à en chercher la cause.
Les gestes contre le mal des transports en un tableau
Ce tableau résume ce que chaque geste corrige et la solidité des données disponibles.
| Geste | Ce qu’il corrige | Niveau de preuve |
|---|---|---|
| Place avant, regard sur la route | Les yeux voient enfin le mouvement que sent l’oreille interne | Bon : grande enquête sur 3 256 passagers |
| Pas de lecture ni d’écran | Supprime une image immobile qui contredit le mouvement | Bon : recommandation constante des références médicales |
| Conduire soi-même | Permet d’anticiper virages et freinages | Moyen : essais expérimentaux |
| Respiration lente | Calme le système nerveux et l’estomac | Moyen : petits essais en laboratoire |
| Musique agréable | Détourne l’attention et apaise | Limité : petits essais |
| Repas léger, sans alcool, air frais | Réduit les sensations qui s’ajoutent à la nausée | Limité : avis d’experts |
Gingembre et bracelets d’acupression : ce que disent les études
Contre le mal des transports, le gingembre et les bracelets d’acupression reposent sur des preuves faibles. L’Agence européenne des médicaments reconnaît un usage du rhizome en poudre contre les nausées liées au mouvement chez l’adulte, et ne le recommande pas avant 18 ans faute de données suffisantes.
Une publication de 2026 dans le Journal of Travel Medicine conclut pourtant que le gingembre ne protège pas les adultes contre cette cinétose (Abukmail, 2026). Pour les bracelets qui pressent le point P6 du poignet, un essai sur 77 volontaires n’a trouvé aucune différence nette avec un placebo (Miller et Muth, 2004).
Médicaments : ce qu’il faut savoir avant un long trajet
Contre le mal des transports, la scopolamine et les antihistaminiques ont montré une efficacité quand ils sont pris avant le départ.
Une revue Cochrane de 2011 portant sur 14 essais et 1 025 participants conclut que la scopolamine est plus efficace qu’un placebo pour éviter les symptômes (Spinks et Wasiak, Cochrane 2011). Une autre revue Cochrane de 2022 portant sur 9 essais trouve que les antihistaminiques épargnent les symptômes à 40 % des voyageurs sensibles, contre 25 % sous placebo (Karrim, Cochrane 2022).
La contrepartie est la somnolence : 66 % des personnes sous antihistaminique contre 44 % sous placebo dans cette revue. Avant de conduire, ou pour un enfant, une femme enceinte ou une personne âgée, demandez conseil au médecin ou au pharmacien.
Quand consulter un médecin ?
Un mal des transports qui cesse peu après l’arrêt du véhicule ne demande pas de bilan. Consultez si les vertiges ou les nausées surviennent aussi au repos, s’ils s’accompagnent de maux de tête inhabituels, de troubles de la vue ou d’une baisse d’audition.
Chez un enfant qui vomit à chaque trajet, surveillez l’hydratation et parlez-en au pédiatre avant un long voyage. Des sensations de tête qui tourne au lever relèvent d’autres causes, détaillées dans notre article sur les vertiges en se levant. Pour bien préparer un départ lointain, voyez aussi nos réflexes santé en voyage.
Soutenir le confort digestif en voyage
Aucun complément alimentaire n’a d’allégation autorisée contre le mal des transports dans le registre européen des allégations.
Pour les adultes qui recherchent un soutien du confort digestif au quotidien, Gastriplex associe achillée millefeuille, coriandre et basilic, des plantes traditionnellement utilisées pour la digestion. Il n’a pas été étudié contre le mal des transports. Il est réservé à l’adulte et déconseillé pendant la grossesse, l’allaitement et en cas d’allergie aux astéracées.
Questions fréquentes sur le mal des transports
Le mal des transports passe-t-il avec l’âge ?
Souvent, oui. Il culmine entre 2 et 12 ans puis diminue à l’adolescence et à l’âge adulte, en particulier chez les personnes qui voyagent régulièrement, car le cerveau s’habitue au mouvement. Une sensibilité persiste chez certains adultes, plus souvent chez les femmes et les personnes migraineuses.
Que faire quand les nausées commencent en voiture ?
Dès les premiers bâillements ou sueurs froides, posez l’écran, regardez loin devant, ouvrez une vitre et respirez lentement en gonflant le ventre. Si c’est possible, demandez un arrêt de quelques minutes et marchez à l’air frais. Appuyez la tête contre le dossier et fermez les yeux si la route ne se voit pas.
Le gingembre est-il efficace contre le mal des transports ?
Les résultats sont contradictoires. L’Agence européenne des médicaments reconnaît un usage de la poudre de rhizome contre les nausées liées au mouvement chez l’adulte, mais une publication de 2026 conclut qu’il ne protège pas les adultes. Il n’est pas recommandé avant 18 ans faute de données suffisantes.
Peut-on prendre un médicament contre le mal des transports avant de conduire ?
Pas sans avis médical. Les antihistaminiques, très utilisés, provoquent une somnolence chez environ deux personnes sur trois selon la revue Cochrane de 2022. Ils peuvent réduire la vigilance au volant. Le pharmacien ou le médecin vous orientera vers la solution compatible avec la conduite et vos traitements.
⚕️ Avertissement médical : Les informations de cet article sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un avis médical. Consultez un médecin avant toute supplémentation, en particulier en cas de traitement, grossesse ou pathologie. Les compléments alimentaires ne remplacent pas un traitement médical prescrit ni une alimentation équilibrée.
Écrit par Jean-Marie Butterlin, rédacteur santé et responsable éditorial de Labeffiplex.
Fondateur du média santé et longévité UltraSanté, coauteur avec le Dr Moulay Ali Belghiti du livre La Bible de la Longévité. Il rédige et supervise les contenus santé de Labeffiplex, avec des sources scientifiques citées et une distinction claire entre ce qui est prouvé et ce qui reste hypothétique.
Information générale, sans valeur de diagnostic ni de prescription. Un complément alimentaire ne remplace ni une alimentation variée ni un traitement. Demandez conseil à votre médecin ou pharmacien.

