Le ginkgo biloba cheveux blancs : un lien souvent évoqué sur les forums et dans certains guides bien-être, mais que dit réellement la science ? Le grisonnement des cheveux (ou canitie) est un phénomène biologique lié au stress oxydatif et à l’épuisement progressif des mélanocytes du follicule pileux. Le ginkgo biloba, connu pour ses propriétés antioxydantes, intéresse les chercheurs pour son action sur le stress oxydatif cellulaire — mais aucune étude clinique n’a, à ce jour, démontré un effet direct sur la couleur des cheveux chez l’humain. Voici ce que montrent réellement les publications scientifiques.

En bref — Le grisonnement des cheveux résulte d’une accumulation de peroxyde d’hydrogène dans le follicule pileux et d’une baisse des enzymes qui protègent les mélanocytes, les cellules productrices de pigment. Le ginkgo biloba possède des propriétés antioxydantes bien documentées face au stress oxydatif. Une étude in vitro suggère qu’un extrait de ginkgo pourrait protéger les mélanocytes de ce stress, mais dans un contexte de vitiligo — pas de canitie — et sans essai clinique chez l’humain sur les cheveux blancs. Le lien reste théorique. La génétique, le tabac, certaines carences (B12, folates) et le stress chronique restent les facteurs les mieux établis du grisonnement précoce.
Pourquoi les cheveux blanchissent-ils ? Le mécanisme scientifique
Les cheveux blanchissent quand les mélanocytes du follicule pileux cessent de produire de la mélanine, le pigment qui colore la fibre capillaire. Une étude de référence publiée dans The FASEB Journal a montré que les follicules à cheveux gris accumulent du peroxyde d’hydrogène (H2O2) en quantité importante, faute de catalase suffisante pour le neutraliser (Wood et al., 2009). Ce stress oxydatif local endommage la tyrosinase, l’enzyme clé de la fabrication du pigment (Wood et al., 2009, The FASEB Journal). Une revue plus récente confirme ce mécanisme et ajoute la baisse progressive des cellules souches mélanocytaires du follicule avec l’âge (O’Sullivan et al., 2021, Biological Reviews).
Ce processus est d’abord une affaire d’oxydation cellulaire et de vieillissement du follicule, avant d’être une question de carence ou de mode de vie. Il touche tout le monde avec l’âge, à un rythme largement déterminé par la génétique.
Ginkgo biloba : quelles propriétés reconnues par la recherche ?
Le ginkgo biloba est une plante traditionnellement utilisée pour ses propriétés antioxydantes et sa contribution à la microcirculation. Plusieurs travaux de laboratoire montrent que l’extrait standardisé EGb761 réduit la peroxydation lipidique et soutient l’activité d’enzymes antioxydantes comme la superoxyde dismutase et la catalase (étude sur érythrocytes, 1998 ; étude chez l’animal, 2001).
Sur le plan réglementaire, aucune allégation de santé sur le ginkgo biloba n’est aujourd’hui autorisée par l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) : les allégations proposées pour cette plante restent en attente d’évaluation finale (statut « on hold », article 13.1). Aucune allégation validée n’existe donc à ce stade, ni pour la cognition, ni a fortiori pour les cheveux.
Existe-t-il vraiment un lien entre ginkgo biloba et cheveux blancs ?
C’est la question centrale, et la réponse honnête est : pas de preuve clinique à ce jour. Une seule étude s’approche du sujet : publiée en 2019 dans le Journal of Cellular and Molecular Medicine, elle montre qu’un extrait de ginkgo biloba protège des mélanocytes humains cultivés en laboratoire contre un stress oxydatif provoqué par le peroxyde d’hydrogène, via l’activation d’une voie cellulaire appelée Nrf2 (Zhang et al., 2019, Journal of Cellular and Molecular Medicine). Le mécanisme observé — protection des mélanocytes contre le H2O2 — ressemble à celui impliqué dans le grisonnement décrit par Wood et al.
Trois limites s’imposent. D’abord, cette étude a été menée in vitro, sur des cellules en culture, pas sur des follicules pileux entiers ni chez l’humain. Ensuite, elle porte sur le vitiligo, une maladie auto-immune de dépigmentation de la peau, pas sur la canitie. Enfin, aucun essai clinique n’a testé l’effet du ginkgo biloba sur le maintien de la couleur des cheveux chez des personnes qui grisonnent. Le lien reste une hypothèse mécanistique, pas un résultat démontré. Aucun complément alimentaire ne peut aujourd’hui être présenté comme capable de prévenir, ralentir ou inverser le grisonnement des cheveux.
Les vraies causes du grisonnement précoce
Avant de chercher une solution, mieux vaut comprendre ce qui accélère réellement l’apparition des cheveux blancs. Une étude cas-témoins publiée dans l’International Journal of Trichology a comparé des personnes présentant une canitie précoce à des témoins : les niveaux sanguins de vitamine B12, de folates et de biotine étaient significativement plus bas chez les personnes concernées (Daulatabad et al., 2017, International Journal of Trichology). D’autres facteurs jouent un rôle : l’hérédité, qui explique une large part des cas, le tabagisme, un dysfonctionnement thyroïdien auto-immun, ou encore le vitiligo, qui détruit directement les mélanocytes.
| Facteur | Rôle dans le grisonnement | Niveau de preuve |
|---|---|---|
| Génétique / hérédité | Détermine l’âge d’apparition et la vitesse du grisonnement | Établi |
| Stress oxydatif (H2O2) | Endommage la tyrosinase et les mélanocytes du follicule | Établi (Wood et al., 2009) |
| Tabagisme | Augmente le stress oxydatif systémique | Associé, cohérent avec le mécanisme oxydatif |
| Carence en B12 / folates / biotine | Associée à une canitie précoce dans une étude cas-témoins | Association clinique (Daulatabad et al., 2017) |
| Dysthyroïdie auto-immune | Peut accompagner un grisonnement précoce | Association clinique |
| Ginkgo biloba (complément) | Protection théorique des mélanocytes suggérée in vitro | Préliminaire, non clinique, hors canitie |
Comment soutenir naturellement le terrain oxydatif du cheveu
Puisque le grisonnement est en partie lié au stress oxydatif, il est cohérent de soutenir les défenses antioxydantes globales de l’organisme — sans attendre un effet sur la couleur du cheveu, qui reste avant tout déterminée par la génétique. Quelques repères simples, à adapter avec un professionnel de santé :
- Faire vérifier un éventuel déficit en vitamine B12, folates ou fer en cas de grisonnement précoce inhabituel (avant 25-30 ans), surtout en cas de régime végétalien.
- Réduire ou arrêter le tabac, facteur de stress oxydatif reconnu.
- Privilégier une alimentation riche en antioxydants naturels : fruits rouges, légumes colorés, thé vert, oléagineux.
- Soutenir la gestion du stress chronique, qui participe à l’oxydation cellulaire globale.
- Consulter un médecin en cas de grisonnement soudain, localisé ou associé à d’autres symptômes (fatigue, troubles thyroïdiens, taches de dépigmentation évoquant un vitiligo).
Sur ce terrain de soutien antioxydant global, certains compléments comme le glutathion liposomal peuvent participer à la protection des cellules contre le stress oxydatif, au même titre que les vitamines C et E — un mécanisme cohérent avec ce que la recherche décrit sur le grisonnement, sans qu’aucune étude ne permette d’affirmer un effet direct sur la couleur des cheveux.
Ginkgo biloba et cheveux : à ne pas confondre avec la chute capillaire
Le ginkgo biloba est plus souvent évoqué pour son rôle potentiel sur la microcirculation du cuir chevelu, un terrain différent de celui du grisonnement. Ce sujet est traité dans notre article dédié Ginkgo biloba cheveux : la solution naturelle contre la chute capillaire. Ne pas confondre : perte de cheveux (chute) et perte de couleur (grisonnement) sont deux phénomènes distincts, avec des mécanismes différents.
Pour approfondir le rôle des antioxydants dans la protection cellulaire, notre guide sur le glutathion liposomal, l’antioxydant naturel le plus puissant détaille son mode d’action et ses sources.
⚕️ Avertissement médical : Les informations de cet article sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un avis médical. Consultez un médecin avant toute supplémentation, en particulier en cas de traitement, grossesse ou pathologie. Les compléments alimentaires ne remplacent pas un traitement médical prescrit ni une alimentation équilibrée.
