Les sueurs nocturnes sont des épisodes de transpiration abondante pendant le sommeil, au point de mouiller le pyjama ou les draps alors que la chambre n’est pas surchauffée. Elles sont fréquentes : dans une étude menée auprès de 2 267 patients de médecine générale, 41 % en signalaient au cours du dernier mois. La plupart du temps, la cause est bénigne et identifiable, mais certains signes associés justifient un bilan rapide.

En bref – Les sueurs nocturnes désignent une transpiration excessive pendant le sommeil, sans lien avec une chambre trop chaude ou une couette trop épaisse. Elles concernent 10 à 60 % des adultes selon les populations étudiées. Les cinq causes les plus fréquentes sont les variations hormonales (ménopause, thyroïde), les infections, certains médicaments comme les antidépresseurs, l’hypoglycémie nocturne et l’apnée du sommeil. Fièvre persistante ou amaigrissement inexpliqué imposent une consultation. Les compléments alimentaires n’interviennent qu’en soutien du confort, jamais à la place du bilan médical.
Que sont exactement les sueurs nocturnes ?
Les sueurs nocturnes vraies sont des transpirations assez abondantes pour obliger à changer de vêtements ou de draps. La revue systématique de Mold et coll. (2012) souligne l’absence de définition unique et relève des fréquences allant de 10 % chez les patients âgés à 60 % dans un service d’obstétrique.
Écartez d’abord les causes d’environnement (chambre au-dessus de 20 °C, couette synthétique, alcool tardif) : si la transpiration persiste au frais, la cause est interne. Notre article sur la transpiration excessive aborde les sueurs qui surviennent aussi le jour.
Les 5 causes fréquentes en un coup d’œil
Le tableau résume les indices qui orientent vers chaque cause et le premier réflexe à adopter.
| Cause | Indices typiques | Premier réflexe |
|---|---|---|
| Hormones (ménopause, thyroïde) | Bouffées de chaleur, règles irrégulières, palpitations, perte de poids | Consulter, dosage de la TSH si besoin |
| Infections | Fièvre, toux de plus de 3 semaines, fatigue, amaigrissement | Avis médical rapide |
| Médicaments | Sueurs apparues après un nouveau traitement | En parler au médecin, ne rien arrêter seul |
| Hypoglycémie nocturne | Diabète traité, cauchemars, maux de tête au réveil | Contrôler la glycémie, revoir le traitement |
| Apnée du sommeil | Ronflements, pauses respiratoires, somnolence le jour | Enregistrement du sommeil |
Cause n° 1 : les variations hormonales
La ménopause est la cause hormonale la plus fréquente des sueurs nocturnes chez la femme de 45 à 55 ans. l’Organisation mondiale de la santé cite les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes parmi les symptômes associés à la ménopause, et le dossier ménopause de l’Inserm les relie aux taux erratiques d’œstrogènes et de progestérone de la périménopause.
Ces symptômes durent souvent des années. Dans l’étude SWAN, Avis et coll. (2015) ont suivi 1 449 femmes : la durée médiane des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes fréquentes atteignait 7,4 ans. Voir aussi notre guide sur les bouffées de chaleur et les signes de la préménopause.
Chez l’homme, une chute de testostérone produit le même tableau. L’hyperthyroïdie, avec chaleur, palpitations et amaigrissement, figure aussi dans la revue de Viera et coll. (2003) parmi les causes à rechercher.
Cause n° 2 : les infections
Une infection provoque des sueurs nocturnes quand la fièvre retombe pendant la nuit et que le corps évacue la chaleur. Une grippe donne ainsi quelques nuits humides, puis tout rentre dans l’ordre. Notre dossier sur l’infection virale détaille ces symptômes.
Des sueurs prolongées doivent faire penser à la tuberculose. Selon l’OMS, 10,7 millions de personnes l’ont contractée dans le monde en 2024, avec une toux prolongée, de la fièvre, un amaigrissement et des sueurs nocturnes. Le VIH, qui touchait 40,8 millions de personnes fin 2024 selon l’OMS fait aussi partie des infections à évoquer, comme le rappelle l’Inserm pour la tuberculose.
Cause n° 3 : certains médicaments
Plusieurs médicaments courants déclenchent des sueurs nocturnes, au premier rang desquels les antidépresseurs. Chez 413 patients de 65 à 94 ans, Mold et Holtzclaw (2015) ont relevé un risque multiplié par 3 environ sous inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (ISRS), ainsi qu’une association avec certains antihypertenseurs (sartans) et les hormones thyroïdiennes.
La revue de Marcy et Britton (2005) cite aussi les tricycliques et la venlafaxine. N’arrêtez jamais un traitement de vous-même : le médecin peut ajuster la dose ou changer de molécule.
Cause n° 4 : l’hypoglycémie nocturne
Chez une personne diabétique traitée par insuline ou sulfamides, des sueurs nocturnes peuvent signaler une baisse du sucre sanguin pendant le sommeil. Le corps libère alors de l’adrénaline, qui fait transpirer et accélère le cœur. Selon DeVries et coll. (2004), l’hypoglycémie nocturne passe souvent inaperçue mais laisse une fatigue le lendemain.
Maux de tête au réveil et cauchemars sont des indices à signaler ; le dossier diabète de type 1 de l’Inserm présente la mesure continue du glucose qui aide à repérer ces épisodes. Nos repères sur l’hypoglycémie complètent ce point.
Cause n° 5 : l’apnée du sommeil
L’apnée obstructive du sommeil est une cause sous-estimée de sueurs nocturnes. Dans la cohorte islandaise d’Arnardottir et coll. (2013), 30,6 % des hommes et 33,3 % des femmes apnéiques transpiraient au moins trois nuits par semaine, contre 9,3 % et 12,4 % dans la population générale.
Selon l’Inserm, l’apnée concerne 19,7 % des 45 à 64 ans. Ronflements forts et somnolence le jour justifient un enregistrement du sommeil. Les réveils nocturnes répétés en sont un autre indice.
Quand les sueurs nocturnes doivent-elles inquiéter ?
Isolées, les sueurs nocturnes sont rarement graves : selon Mold et coll. (2012), elles ne réduisent pas l’espérance de vie des patients de médecine générale. Certains signes imposent pourtant une consultation rapide :
- fièvre au-delà de 38 °C qui persiste ou revient ;
- perte de plus de 10 % du poids en six mois sans régime ;
- sueurs qui trempent les draps plusieurs nuits de suite ;
- ganglions gonflés au cou, aux aisselles ou à l’aine ;
- toux de plus de trois semaines ou essoufflement.
Fièvre, sueurs profuses et amaigrissement forment les « symptômes B » recherchés dans les lymphomes, selon la classification de Lugano de Cheson et coll. (2014). Ces signes appellent une prise de sang et un examen clinique complet.
Méthode en 6 étapes pour mieux dormir au sec
Pendant que la cause est recherchée, ces gestes améliorent le confort nocturne :
- Noter les épisodes pendant 15 jours : heure, intensité, alcool et médicaments de la veille.
- Rafraîchir la chambre vers 18 °C et choisir une couette légère.
- Préférer le coton ou le lin pour le pyjama et les draps, plus respirants que le synthétique.
- Éviter l’alcool, le café et les plats épicés en soirée.
- Garder un change à portée de main.
- Consulter avec ce carnet si les épisodes durent plus de deux semaines.
Ménopause : quelle place pour les compléments ?
Aucun complément alimentaire ne fait disparaître les sueurs nocturnes, et aucun ne remplace l’avis du médecin ou du gynécologue. Pour l’actée à grappes noires, l’Agence européenne des médicaments reconnaît l’usage de certaines préparations médicamenteuses contre les plaintes de la ménopause, comme les bouffées de chaleur et la transpiration excessive.
Les preuves restent discutées : la revue Cochrane de Leach et Moore (2012), qui regroupe 16 essais et 2 027 femmes, ne trouve pas de différence nette avec le placebo sur la fréquence des bouffées de chaleur, et manque de données sur les sueurs nocturnes. Menoboost associe 200 mg d’actée à grappes à 40 mg d’extrait de soja et à des vitamines B. Cette formule est déconseillée en cas de maladie du foie ou d’antécédent de cancer hormonodépendant.
Les nuits agitées pèsent aussi sur la journée. Selon le règlement (UE) n° 432/2012, le magnésium contribue à réduire la fatigue et au fonctionnement normal du système nerveux. MegaMagnésium en apporte 102 mg par dose de trois gélules.
Questions fréquentes sur les sueurs nocturnes
Pourquoi je transpire autant la nuit alors que je n’ai pas chaud ?
Des sueurs nocturnes dans une chambre fraîche orientent vers une cause interne : ménopause, infection, antidépresseur, hypoglycémie chez une personne diabétique ou apnée du sommeil. Un carnet de 15 jours aide le médecin à trouver l’origine.
Les sueurs nocturnes sont-elles un signe de cancer ?
Rarement. Les sueurs nocturnes isolées sont le plus souvent bénignes. Elles font partie des symptômes recherchés dans les lymphomes quand elles s’associent à une fièvre persistante, à un amaigrissement de plus de 10 % en six mois ou à des ganglions gonflés. Ces signes réunis imposent une consultation rapide.
Combien de temps durent les sueurs nocturnes de la ménopause ?
Dans l’étude américaine SWAN, la durée médiane des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes fréquentes atteignait 7,4 ans. Elles débutent souvent en périménopause et persistent en moyenne 4,5 ans après les dernières règles. Le gynécologue peut proposer une prise en charge adaptée.
Quand consulter pour des sueurs nocturnes ?
Consultez si les sueurs nocturnes durent plus de deux semaines, trempent les draps, ou s’accompagnent de fièvre, de toux prolongée, d’un amaigrissement, de ganglions ou de ronflements forts. Le médecin peut demander une prise de sang, un dosage de la TSH ou un enregistrement du sommeil.
⚕️ Avertissement médical : Les informations de cet article sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un avis médical. Consultez un médecin avant toute supplémentation, en particulier en cas de traitement, grossesse ou pathologie. Les compléments alimentaires ne remplacent pas un traitement médical prescrit ni une alimentation équilibrée.
Écrit par Jean-Marie Butterlin, rédacteur santé et responsable éditorial de Labeffiplex.
Fondateur du média santé et longévité UltraSanté, coauteur avec le Dr Moulay Ali Belghiti du livre La Bible de la Longévité. Il rédige et supervise les contenus santé de Labeffiplex, avec des sources scientifiques citées et une distinction claire entre ce qui est prouvé et ce qui reste hypothétique.
Information générale, sans valeur de diagnostic ni de prescription. Un complément alimentaire ne remplace ni une alimentation variée ni un traitement. Demandez conseil à votre médecin ou pharmacien.

